07/08/2006

de l'amour à l'Amour

De l'amour à l'Amour

 

Souvent, dans l'amour, on va chercher une image idéalisée de soi, celle que l'autre projette sur nous ; on va chercher le réconfort que donne le fait que quelqu'un vous voit paré de toutes les qualités.

 

Je me sens tellement indigne, je suis lourd de tous mes échecs et de tous les jugements sur moi ; je me sens tellement loin de l'idéal que je me suis fixé, que l'on m'a fixé. Et soudain me voici parée de tous les feux de la rampe. Il est doux pour moi, qui suis intérieurement insécure, qui ne sait pas qui je suis, que soudain quelqu'un "m'aime", car soudain je me sens exister.  Je suis au sommet de l'olympe, projetée par ce mystère qui a fait de moi le seul, l'unique, aux yeux de l'aimé.

 

Quel velours narcissique pour l'âme !!!

 

Mais quel égarement ... !

 

D'abord, celui qui nous fait l'insigne honneur de nous aimer ne voit en nous que ce qu'il veut bien voir. Il est aveuglé par deux ou trois choses de nous sur lesquels il a focalisé. Nous sommes, bien souvent, le produit de son imaginaire. Est-ce bien nous qu'il voit ? Ou n'est-ce pas une illusion ? A quel besoin intime de l'autre répondons-nous ?

 

Et puis un jour cet amour disparaît.

 

Qu'avons-nous fait pour que soudain "l'amour" n'existe plus ? Rien. Nous ne sommes pas coupables. Dans le monde des illusions, tout s'enfuit ...

en laissant un vide immense à l'intérieur de notre ... coquille !...

 

Que ne l'habitions-nous, nous-même !

 

Quelle est la nature de cette blessure, de ce vide si douloureux ?

Cette désertion est vécu comme un abandon incompréhensible … puisqu'à nos yeux la relation était parfaite, passionnante, enivrante …

Soudain on se demande : mais qui est vraiment cette personne que j'ai tant aimée, admirée ?

 

Comment n'ai-je pu la retenir ?

 

Cette souffrance est une réelle opportunité d'aller à la rencontre de soi-même.

Si l'on veut bien entreprendre un travail de deuil et de détachement, nous nous offrons la chance inouïe d'une transformation profonde.

 

Une des difficultés rencontrée c'est de se cesser de se référer à cette relation comme "la relation idéale".

On est, en quelque sorte, "déformé" par cette relation.

Il faut  retrouver sa propre forme, mais laquelle ?

 

Ne sommes-nous pas des rêveurs, sensibles aux belles paroles et prêts à l'évasion dans l'illusion  dès que l'occasion se présente ?

 

 N'avons-nous pas tendance à nous sur-adapter aux autres pour capter leur affection ?

Savons-nous nous positionner clairement face aux autres ? ou ne leur donnons-nous qu'une image floue, masquée, changeante, difficile à percevoir ?

Nos limites se définissent-elles clairement ?  Ne sommes-nous pas le candidat idéal à la manipulation ? Si nous donnons trop, si nous aimons trop,  si nous devançons les besoins de l'autre, si nous acceptons des autres au-delà de nos limites, si notre  seuil de tolérance est  trop élevé,  ne sommes-nous pas en train de piétiner le respect auquel nous avons droit, ne sommes-nous pas en train de nous oublier ?

Ce besoin d'aider, de se mettre au service de l'autre, ne masque t'il pas notre propre besoin d'aide ?

 

Le travail intérieur commence :

Apprendre à observer ses ressentis, ses émotions, avec détachement, sans jugement, sans culpabilité …

 

Voir que ce passé souffrant, marqué par l'abandon, n'a pas de réalité dans notre présent ...

Trouver sa sécurité intérieure, apprendre à vivre sans masque, sans référence…

S'aimer, se respecter, se choisir …

 

Le travail intérieur m'a conduit à un état d'esprit tellement serein que j'en suis presque venu à me demander si je n'allais pas regretter les émotions fortes, la panique, que l'état amoureux provoquait en moi auparavant …

 Désormais je suis sans attente,  sans peur, sans manque, sans stress ...

 

Quiconque nous croisons dans notre vie peut être un maître.

 

Les plus grands sont peut-être ceux qui nous font le plus souffrir.

 

En tout cas, je dois une fière chandelle à un de ces maîtres qui s'ignore.

 

J'ai compris que j'avais créé toute cette situation souffrante, et lorsque j'ai bien voulu accepter l'idée que j'en étais la cause, le pardon et la gratitude en ont découlé tout naturellement.

 

Lorsque le pardon est le résultat d'une compréhension profonde de la façon dont vont les choses, il marque profondément l'âme.

 

Et rien n'est plus pareil.

 

Nous ne sommes plus du tout anesthésié, et notre cœur est de plus en plus ouvert, notre vision de plus en plus claire. La simple joie d'observer les nuages, les gouttelettes d'eau sur les feuilles, les jeux de l'ombre et de la lumière,  avec l'émerveillement des enfants, nous transporte …

 

Notre Présence aux autres, à la vie, est de plus en plus lumineuse.

 

Nous voyons leur souffrance. Nous éprouvons la compassion.

 

Nous avons appris, de l'intérieur, ce qu'est le pardon, le lâcher-prise ...

 

Nous avons compris combien l'illusion est dangereuse et douloureuse.

Nous sommes devenus amoureux de CE QUI EST.

 

L'Amour alors peut se vivre dans toute sa splendeur.

 

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