07/08/2006

L'amour, comment ça va

L’amour fait souffrir parce qu’il conduit à la transformation. La transformation est difficile parce que le « vieux », le connu, doit être abandonné pour du neuf. Le neuf n’a rien de rassurant car il est absolument inconnu, imprévisible. Le mental n’aime pas ça car il aime fonctionner avec ce qu’il sait déjà. C’est la même difficulté que pour l’oiseau quand il sort du nid pour voler la première fois.

 

La transformation est un passage, un baptême du feu. L’or doit passer par le feu pour être purifié. L’amour est le feu.

 

Parce qu’ils ont eu des chagrins d’amour, des millions de gens vivent désormais une vie sans amour. Ils ne veulent plus souffrir à cause de l’amour. Pourtant souffrir d’amour n’est pas inutile. Cette souffrance permet d’accéder à des niveaux supérieurs de conscience.

L’homme sans amour est narcissique et fermé. Il ne connaît que lui même. Or, comment se connaîtrait-il mieux lui-même s’il ne connaît pas les autres, s’il ne va pas vers les autres ?

Les autres sont un miroir pour nous-mêmes. La personne qui n’a pas connu un amour profond, une intense passion ne sera pas en mesure de savoir qui elle est parce qu’elle n’aura pas eu de miroir pour voir son propre reflet.

Nous devons donc nous exposer, nous rendre vulnérable et ne pas chercher à échapper à l’amour. Si nous décidons de ne plus jamais souffrir en amour, si nous ne vivons pas dangereusement, si nous ne prenons aucun risque, nous perdons la possibilité de mieux nous connaître.

Ce que réfléchit le miroir peut nous sembler laid et nous donner envie de le rejeter. Mais éviter le miroir ne nous rendra pas plus beau. En évitant la situation, nous n’en apprenons rien, et, par conséquent nous ne grandissons pas. Il faut relever le défi. On ne peut pas atteindre l’ « être » si on refuse l’amour. Si nous refusons l’amour, nous faisons du sur-place. La vie est comme une rivière qui va à l’océan. Si nous refusons le mouvement, la fluidité, nous sommes comme l’eau stagnante.

 

Beaucoup de gens se tournent vers le sexe parce que le sexe n’engage pas. Il ne permet pas de rencontrer l’autre, l’âme de l’autre, et par conséquent notre propre présence. Rien de l’autre ni de nous même ne peut être révélé dans un corps à corps où l’esprit est ailleurs.

 

Mais bien sûr, cela fait peur.

 

L’amour pousse l’égo dehors. Et bien évidemment l’ego a peur parce que cela signifie que tous nos efforts pour le cultiver, le protéger, l’enjoliver n’auront servi à rien. Quand l’amour frappe à notre porte, l’ego ne sert à rien. Parce que l’ego ne peut penser qu’en terme de séparation !

 

Notre société est bâtie sur l’idée fausse que chaque personne est une personne et non pas une présence.

 

La vérité est qu’il n’y a qu’une seule conscience. Il y a seulement la présence. Nous ne sommes pas séparés du Tout. Nous sommes une part de ce Tout. Le Tout respire en nous, vibre en nous. Le Tout est la vie en nous. Nous devenons conscient de notre totalité quand la présence (ou l’absence) de l’autre sollicite notre propre présence et nous sort de notre monde fermé pour nous exposer au vide de l’espace.

L’amour est espace. Etre « amour » c’est prendre son envol.

 

L’amour nous fait expérimenter ce que c’est l’harmonie, l’accord profond avec les autres. Et si nous pouvons être en harmonie, en communication profonde avec quelqu’un, pourquoi ne pourrions-nous pas l’être aussi avec l’humanité ? Et pourquoi ne pourrions-nous pas l’être aussi avec tout l’univers ?

 

Ainsi fait l’amour. Nous commençons avec une personne et nous finissons avec la totalité. L’amour est le commencement et la fin.

 

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