07/08/2006

La victime, le sauveur et l'aide

La victime, le sauveur et l'aide

 

La victime aime bien s'attacher les gens en stimulant leur instinct de sauveur. Elle sait susciter leur pitié, leur incompréhension, leur curiosité, uniquement pour recevoir une forme d'attention, sorte d'ersatz d'amour.

 

Sans doute avez-vous connu cette envie de pousser les autres à changer quand vous les voyiez souffrir ?  Vous espériez sans relâche qu'un jour  - si vous les aimiez assez - ils connaîtraient la ... "rédemption". Chaque jour, vous les portiez à bout de bras, et passiez alternativement de l'espoir à l'accablement.

Vous êtes engagé dans un processus de "pitié". Et la pitié, dans le fond, c'est dire : tu n'es pas capable, je vais le faire à ta place.

Vous ne faites pas confiance à l'autre ? Regardez si vous vous faites confiance à vous-même …

En aidant, c'est notre propre égo que nous satisfaisons. En fait, nous masquons notre propre besoin d'aide.

Dès qu'on entreprend une action d'aide, c'est qu'on s'est fait une idée sur le besoin de l'autre. Est-ce à nous d'en juger ? Est-ce à nous de décider ?

 

Finalement, la victime a bien résisté. Elle est toujours dans son processus d'échec. C'est son mode de vie. Vous vous étiez engagé dans un processus de sauveteur qui a échoué. Et vous vous sentez piégé dans cet engagement.

Vous l'avez porté tant que vous avez pu et vous voila épuisé. Comment allez vous faire maintenant sans vous sentir coupable? Hm ?

Si un jour vous avez été une victime, c'est que d'autres fois vous avez aussi été un sauveteur ...

Libérez vous de cette dualité.

***********

 

Sentez-vous libre d'exister face aux autres et laissez-les libre d'exister.

Montrer leur que vous ne souhaitez pas les voir changer mais que vous vous respectez et les respectez.
Ne leur proposez pas un idéal. Acceptez-les, acceptez-vous parfaitement imparfaits.

S'il y a culpabilité ou jugement, observez et travaillez cela.

 

L'amour agit de toute façon. Même cruellement s'il ne peut pas faire autrement. Il faut lui laisser la place d'agir. N'usurpons pas sa place.

 

Refuser "d'aider" renvoie l'autre face à lui-même et lui offre l'occasion de regarder ses schémas, ses processus de défense, et la souffrance qui se cache derrière. C'est le plus beau cadeau que vous puissiez faire à quelqu'un. Rien alors ne vous empêche de l'accompagner ; à condition, toujours, que ce soit lui qui fasse le travail.

 

Laissez l'autre recevoir de vous ce qu'il a envie de recevoir, sans volonté de donner.

Soyez conscient de ce flux du donner-recevoir comme une respiration de la vie. Car vous recevez aussi.

Là est la véritable aide.

22:21 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.