22/08/2006

La main de Saint Gilles

la main de saint Gilles

 

Je voudrais rendre hommage à mon père à travers cette histoire vraie. Il est parti trop vite et n'a pas eu le temps de connaître mes enfants.

Voici l'histoire de la main de Saint Gilles.


Mon père est né dans un petit village de Bretagne en 1909. Sa famille était très pauvre. Son père était métayer et sa mère était nourrice dans des familles bourgeoises.


Lorsque ma grand-mère a été enceinte pour la cinquième fois, mes grands-parents n'avaient eu jusqu'alors que des filles. Et le grand-père souhaitait ardemment un fils.


Il y avait dans le village une petite chapelle dédiée à Saint Gilles et le pardon annuel approchait. Le pardon est une fête votive qui a lieu une fois par an ; il y a une grand messe suivie d'une procession où l'on sort la statue du saint patron.


Le Recteur – on ne dit pas "curé" dans mon village natal - vint trouver mon grand-père car il souhaitait qu'il répare la main de St Gilles qui était cassée. C'était une modeste statue en plâtre polychrome. Mon grand-père refit une nouvelle main en plâtre.

- Combien je te dois ? dit le recteur 

- Tu ne me dois rien si Saint Gilles me donne un fils, répondit le grand-père.

Sur ces entrefaits, mon père naquit, à la grande joie du grand-père, qui, racontait mon père, marcha au milieu de la route pendant une semaine, s'arrêtant dans toutes les maisons pour annoncer la bonne nouvelle et fêter ça d'un bon petit coup de gnole !


A 13 ans mon père devint apprenti carrier, après avoir été deux ans à l'école où il apprit à écrire et à compter sans fautes.

 


A 21 ans il se maria avec la plus jolie fille de la ville voisine et mon frère n'attendit pas les neuf mois réglementaires pour arriver !

 

1939. C'est la guerre et mon père est fait prisonnier pendant cinq ans en Allemagne.


Je nais, trois ans après son retour.

A 7 ans, je contracte la rougeole qui s'aggrave en encéphalite. Me voyant dans le coma et croyant me perdre, mon père, qui n'était pas un brillant paroissien, pria St Gilles de faire quelque chose et promit d'assister désormais à son pardon, chaque année, avec moi, si j'en réchappais.

 

C'est ainsi que chaque année, nous allions, mon père et moi, au Pardon de St Gilles. Pendant la quête, mon père sortait plusieurs billets de banque de sa poche pour les mettre dans le panier. Les enfants étaient tous bénis, un par un, au cours de la messe, car St Gilles a la réputation de guérir les enfants de la peur.

 


Papa avait acheté sa première carrière de granit, il en acheta d'autres, s'associa et devint le patron de quelque trois cents ouvriers.


Mais ça ne l'empêchait pas d'aller à sa carrière en vélo et de faire son jardin en rentrant le soir. Et pour se détendre, tous les soirs après dîner, il jouait de l'accordéon. Il aimait aussi aller pêcher la truite dans les petits ruisseaux et ramenait souvent des champignons, ou des noisettes, suivant la saison, sans compter des anecdotes concernant les animaux qu'il avait observés pendant ses longues promenades silencieuses à travers champs.


J'avais 20 ans, quand le Recteur de l'époque, qui était notre voisin et ami, décida de restaurer la chapelle St Gilles. Il connaissait, évidemment, l'histoire de la naissance de mon père, et, en faisant déplacer la lourde dalle de granit de l'autel, il retrouva la vraie main, datant du XVIIe siècle, celle que mon grand-père avait remplacée ; il l'offrit à mon père. Huit ans plus tard mon père mourrait. Un jour que j'étais en visite chez ma mère me revinrent en mémoire tous ces souvenirs et je lui demandai où était passée la fameuse main. Elle la retrouva abandonnée à la cave, dans un pot de fleur.

J'ai appris par la suite que mon oncle avait eu aussi à se féliciter de la protection de St Gilles : un jour qu'il conduisait un charrette, le cheval s'emballa et s'arrêta pile devant la chapelle.

 


Depuis, je la garde comme une précieuse relique, symbole de l'amour d'un père pour sa fille.

 

La Chapelle Saint Gilles    

La chapelle Saint-Gilles, qui était en Plaintel sous l'Ancien Régime, fut attribuée au territoire de Saint-Julien par arrêté préfectoral du 10 juillet 1821. Cet arrêté fut annulé pour incompétence par le Conseil d'Etat le 8 novembre 1821. Le Conseil de préfecture attribua de nouveau la chapelle à Saint-Julien par arrêté du 2 septembre 1822 ( Arch. des C.-dA., V 2071 ). Cependant aujourd'hui la chapelle Saint-Gilles est en Plaintel tandis que la croix du même nom est en Saint Julien.
 Cette chapelle est aujourd'hui restaurée, autrefois, on y guérissait de la peur et de l'impétigo.
 
Saint Gilles était d’Athènes. Son éducation fut brillante, comme elle devait être pour un jeune homme de race royale. On lui a attribué de remarquables ouvrages de médecine et de poésie ; mais sa science était surtout celle des Saints.Un jour qu’il se rendait à l’église, il rencontre un pauvre mendiant malade et presque nu, qui lui demande l’aumône. Ému de compassion, Gilles se dépouille de sa riche tunique et la lui donne : à peine le malheureux en est-il revêtu, qu’il se trouve en parfaite santé. Le jeune homme comprit, à ce miracle, combien l’aumône est agréable à Dieu. Peu de temps après, à la mort de ses parents, il distribua tous ses biens aux pauvres et se voua lui-même à la pauvreté et à l’humilité. Les miracles se multiplièrent tellement sous les pas du saint jeune homme, qu’il en fut effrayé lui-même et se résolut à quitter son pays et à faire voile pour l’Occident. Pendant la traversée, il calma par ses prières une effroyable tempête et débarqua bientôt à Marseille, où il guérit la fille de son hôtesse.
Mais il lui fallait la solitude ; il la trouva dans une grotte sauvage, où, dégagé de toute préoccupation terrestre, il ne vécut que pour Dieu. Ses jours, ses nuits presque entières s’écoulaient dans une prière continuelle, dans l’adoration et la contemplation. Il jeûnait tous les jours ; le lait d’une biche de la forêt, que Dieu lui envoyait, suffisait à son entretien.
Depuis trois ans, Gilles habitait ce lieu solitaire, quand un jour Wamba, roi des Visigoths d’Espagne, vint chasser jusque dans les forêts voisines avec une suite nombreuse. La biche qui nourrissait le saint ermite, poursuivie par les chiens allait succomber ; enfin, exténuée de fatigue, elle vint se jeter aux pieds de son maître. Gilles, ému jusqu’aux larmes, pria le Seigneur de protéger la vie de l’innocent animal. Une flèche, lancée par un chasseur, vint frapper la main de l’homme de Dieu et lui fit une blessure qui ne devait jamais guérir. La biche était sauvée, car le roi, plein d’admiration pour cet homme qui lui apparaissait avec l’auréole de la sainteté sur le front, donna ordre de cesser la poursuite. Il fit même, à la demande de Gilles, bâtir là un monastère. Après avoir dirigé quelques temps ce monastère, Gilles chercha de nouveau la solitude, et revint enfin terminer ses jours parmi ses chers religieux.
 
La main protectrice qui ne devait jamais guérir après avoir été frappée par la flèche, continua son parcours solitaire, et par de curieuses circonstances sortit de l'ombre bien des siècles plus tard ... dit la légende !
MC

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16/08/2006

Qui suis-je ?

 

"Moi je" ou "je suis" ?

ou les deux ? ...

 

"Moi je" affirme son désir, crée du désordre.

"Je suis" réconcilie les contraires, rétablit l'harmonie, va à l'essentiel.

 

"Moi je" cherche à distinguer, à séparer.

"Je suis" fait partie du tout. il sait que toute parole, toute pensée est relative, inféodée au temps et aux situations, soumise aux filtres du regard.

  

"Moi je" a des projets.

"Je suis" vit dans le présent ; il vit d'instant en instant.

 

"Moi je" se passionne, prend parti, aime débattre.

"Je suis" aime écouter, observer, se borne à être le monde et trouve que toute chose a valeur égale.

 

"Moi je" affirme.

"Je suis" n'est pas attaché à ce qu'il pense. Il n'impose rien.

 

"Moi je" redoute la mort.

"Je suis" sait que la mort n'existe pas.

 

"Moi je" recherche les émotions fortes, la passion.

"Je suis" a cessé de chercher ; l'intensité de sa vie le remplit.

 

"Moi je" est répétitif, agit par habitude

"Je suis" est créatif.

 

"Moi je" ré-agit

"Je suis" agit

 

MC

 

10/08/2006

L'intervalle

Au commencement était l'innocence ...
 
   
 
Entre le début et la fin qu'y a t-il ?
 
Les joies, les peines ...
 
La vie qui se vit
ou la vie qui se refuse
 
 
Heureux celui qui vit chaque instant de sa vie, ses joies, ses peines, en gardant son coeur ouvert.
 
Merci à Marie dont les peintures m'ont inspirée ce billet : http://nomak1.free.fr/cariboost1/crbst_1.html

19:00 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

08/08/2006

Ma visite chez Willy

C'est un immeuble sans grâce, dans le 20e.
Nous montons au 8e. Il ya une chaise dans l'ascenseur,  fixée aux parois par une chaîne cadenassée. Nous comprendrons bientôt pourquoi.
 Nous nous sommes annoncés et la porte est entr'ouverte.
Nous pénétrons dans cet appartement, simple, sans apprêt, et rempli comme un oeuf ... de photos, bien sûr !
 

 
Willy est assis à sa table près d'une grande baie vitrée qui donne sur un jardin public.
Ses canes ne sont pas loin. Il nous dit beaucoup souffir de son artérite sans laquelle son médecin lui prédirait, à coup sûr, un avenir de centenaire. A 95 ans, il n'en est pas loin ! Il doit marcher tous les jours, bien que cela le fasse beaucoup souffrir, et va se promener en bas de chez lui, dans le jardin. Il a cessé de faire des photos.
Il est remarquablement alerte et vif. Sa voix est claire. Il est simple, direct, courtois.
 
J'ai beaucoup à apprendre de ce grand photographe. Car il sait mieux que personne photographier l'élément humain dans son environnement. Il sait le moment où la photo va devenir lisible, équilibrée. Il attend, puis tout d'un coup, tout s'organise, en un quart de seconde : c'est le moment où il déclenche la prise de vue. Puis tout se désorganise à nouveau. Saisir cet instant d'équilibre et de grâce, voilà toute la magie des photos de Willy Ronis.
 

 
"L'isle sur Sorgue, fin juillet 1979. J'aime cette boutique avec sa vieille façade en bois et la noblesse typographique des lettres qui affichent sa fonction. La rue de la République est très étroite à cet endroit et je me rencogne dans le tambour d'entrée d'un bureau pour élargir mon point de vue. Le va-et-vient de la foule est décourageant : trop de monde à la fois, ou mauvaise répartition, qui dure. J'attends dans la souffrance, comme toujours dans des situations de ce type. D'un seul coup, tout s'organise autour de la belle jeune femme en blanc. mon cadre rassemble cinq femmes. Celle de gauche et celle de droite regardent vers le centre, ce qui ferme bien cette image sur elle-même ; et la femme du premier plan, un peu floue (mais tant mieux) concourt par son déplacement à animer la scène."

 

Voilà ce qu'il dit de son art :

 

« Je vais à la rencontre des gens qui me ressemblent, et le miroir que mes images leur tend est le même que celui où moi-même je me regarde ».

 

 

 « Je n’ai jamais poursuivi l’insolite, le jamais vu, l’extraordinaire, mais bien ce qu’il y a de plus typique dans notre vie de tous les jours. »

 

 « La belle image, c’est une géométrie modulée par le cœur »

 

 

"Le nu provençal. Eté torride 1949, dans la maison en ruine acquise l'année précédente, à Gordes.

Je bricole au grenier et il me manque une certaine truelle restée au rez-de-chaussée. je descend l'escalier de pierre qui traverse notre chambre au premier.

Sortie de sa sieste, Marie-Anne s'ébroue dans la cuvette (on va chercher l'eau à la fontaine). Je crie ! "Reste comme tu es !" Mon Rolleyflex est sur une chaise, tout près. Je remonte trois marches et fais quatre prises, les mains tâchées de plâtre. C'est la deuxième que j'ai choisie. Le tout n'a pas duré deux minutes.

C'est ma photo fétiche, parue depuis lors sans discontinuer, ici et partout.

Le miracle existe. Je l'ai rencontré."

 

 « L’émotion si vous en êtes digne, vous l’éprouverez devant le sourire d’un enfant qui rentre avec son cartable, une tulipe dans un vase sur lequel se pose un rayon de soleil, le visage de la femme aimée, un nuage au-dessus de la maison. »

 

 

"Musée du Zwinger, 23 octobre 1967. Je visite, à Dresdes, une exposition d'art allemand. Le manège d'une petite fille m'intrigue, et je commence à la photographier.

1. ses parents ont dû rejoindre un groupe conduit par un conférencier. Elle tourne autrour de la statue, visiblement fascinée.

2. Elle s'est arrêtée en contemplation.

3. Elle a osé embrasser la statue. Sa mère, qui vient de la rejoindre, manifeste sa réprobation.

4. Je suppose que la fillette est allée chercher son père et son oncle. Elle leur explique gravement les raisons des sentiments qui l'agitent.

Je stoppe. Sans doute n'y avait il plus rien à signaler.

L'histoire comporte néanmoins un prolongement imprévu, trois jours plus tard, à Berlin. Sur la liste des artistes que je dois rencontrer figure une jeune femme sculpteur nommée Christa Semmler. Au cours de notre conversation, elle exhume d'une caisse le modèle en réduction de la pièce qu'elle avait envoyée au musée du Zwinger. Je r"econnais son oeuvre et elle écoute, très émue, l'histoire de mon aventure au Zwinger. Rentré à Paris, je lui ai bien sûr envoyé la petite série de photos."

 

 

 

« Je négocie l’aléatoire »

 

 

Willy Ronis ne "prend" pas, en photographie, il donne. Avec un sens de la distance et de la pudeur, sans égotisme, en s'effaçant pour que la lumière soit, et révèle le corps. Pas de voyeurisme, peu de mise en scène : il ne s'agit pas de choquer ou de provoquer quelque chose. A travers une sensible harmonie du fond (la petite musique) et de la forme (les lignes), il saisit la vérité de l'instant.

 

Les photographies de Willy Ronis transmettent de la chaleur et de la sympathie pour ses sujets. Malgré la facilité apparente avec laquelle nous pouvons les déchiffrer, elles ne sont jamais banales ou sentimentales et méritent pleinement d'être comptées au nombre des meilleurs travaux de la photographie humaniste du 20e siècle.

 

 

PS : Ce qui m'attriste c'est qu'avec la législation sur le droit à l'image, qui peut encore publier de nos jours des photos comme celle de Willy Ronnis sans risquer d'encourir un procès ? ....

 

22:18 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

les leçons de maman

Les leçons de maman

Plusieurs choses que ma mère m’a apprises :

 

Ma mère m’a appris À APPRÉCIER UN TRAVAIL BIEN FAIT
  "Si vous voulez vous tuer tous les deux, faites-le à l’extérieur - je viens tout juste de terminer de nettoyer la maison !"

 

Ma mère m’a appris la RELIGION
  "Tu ferais mieux de faire une prière pour que je parvienne à ôter cette tâche du tapis."

 

Ma mère m’a appris le VOYAGE DANS LE TEMPS
  "Je n’attendrai pas jusqu’à la St Glinglin que vous vous comportiez correctement !"

 

Ma mère m’a appris la LOGIQUE
  "Parce que j’ai dit que ce serait comme ça, voilà pourquoi."

 

Ma mère m’a appris la PRÉVOYANCE
  "Assurez-vous toujours que vous portez des sous-vêtements propres, pour le cas où vous auriez un accident."

 

Ma mère m’a appris l’IRONIE
  "Continue à pleurer et je te donnerai quelque chose qui te fera vraiment pleurer"

 

Ma mère m’a appris le phénomène physique de l’OSMOSE
  "Ferme ta bouche et mange ta soupe !"

 

Ma mère m’a appris le CONTORTIONISME
  "Regarde un peu toute la saleté à l’arrière de ton cou !"

 

Ma mère m’a appris l’ENDURANCE
  "Tu resteras assis là jusqu’à ce que tes épinards soient terminés."

 

Ma mère m’a appris la MÉTÉO
  "On dirait bien qu’un ouragan a ravagé votre chambre."

 

Ma mère m’a appris l’HYPOCRISIE
  "Je te l’ai bien déjà dit un million de fois : n’exagère pas !!!"

 

Ma mère m’a appris LE CYCLE DE LA VIE
  "N’oublie pas que c’est moi qui t’ai donné la vie et c’est aussi moi qui pourrait bien te l’ôter"

 

Ma mère m’a appris LES MODIFICATIONS DU COMPORTEMENT
  "Arrête de te comporter comme ton père !"

 

Ma mère m’a appris l’ENVIE
  "Il y a des millions d’enfants moins chanceux que vous dans ce monde qui n’ont pas de merveilleux parents
comme les vôtres !"

 

22:10 Écrit par dans Humour | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

 La violence

La violence

 

Il n'a pas pris une ride ce texte de Monsieur K, pourtant pas écrit aujourd'hui ... Hélas !

 

 

Y a-t-il une différence entre ce qui arrive dans le monde extérieur et ce qui se passe à l'intérieur de nous ? Il y a, dans le monde, de la violence, une effervescence extraordinaire, une crise après l'autre. Il y a des guerres, des divisions entre nationalités, des différences religieuses, raciales et communautaires, un ensemble de concepts systématisés se dressant contre un autre. Est-ce différent de ce qui se passe à l'intérieur de nous-mêmes ? Nous aussi sommes violents, nous aussi sommes pleins de vanité, terriblement malhonnêtes, portant des masques différents selon l'occasion.

 

Il s'agit donc d'un mouvement analogue à la marée montante et descendante. C'est nous, êtres humains, qui avons créé ce qui se passe au dehors, et changer cela est impossible si nous ne changeons pas nous-mêmes en tant qu'êtres humains. C'est là qu'est la racine du mal. Nous voulons faire quelque chose dans le monde, avoir de meilleures institutions, de meilleurs gouvernements, etc., mais jamais nous n'admettons que nous avons créé ce monde tel qu'il est. Si nous ne changeons pas, il ne pourra changer. Après avoir vécu des millions d'années, nous sommes exactement les mêmes. Nous n'avons pas fondamentalement changé et nous continuons à ravager le monde. Le fait est que nous sommes le monde, non en tant qu'idée, mais en tant que réalité. Voyez-vous la différence entre l'idée et la réalité ? Nous avons entendu dire que nous sommes le monde et nous en avons fait une idée, une abstraction. Puis nous nous mettons à discuter cette idée pour savoir si elle est vraie ou fausse, et nous la perdons de vue. Mais le fait est que nous sommes le monde; c'est ainsi.  

Donc, nous portons la responsabilité de changer le monde. Cela veut dire que nous portons la pleine responsabilité de notre façon de vivre tous les jours. II ne s'agit pas d'essayer de modifier le chaos existant, de l'embellir, de faire partie d'un groupe ou d'un autre, ou de quelque institution; en tant qu'être humain qui est le monde, il s'agit de subir soi-même une transformation radicale; sans cela, il ne peut y avoir de bonne société. La plupart d'entre nous trouvons le changement difficile, par exemple: ne plus fumer. II y a des institutions qui vous aident à ne plus fumer! Voyez comme on en dépend. Peut-on découvrir pourquoi on ne change pas, pourquoi, si on voit le mal -le « mal » entre guillemets -on n'y met pas fin immédiatement ? Est-ce parce qu'on espère qu'il se trouvera quelqu'un d'autre pour mettre de l'ordre dans le monde et qu'on n'aura plus qu'à s'y glisser ? Est-ce parce que nous sommes indolents, psychologiquement paresseux, inefficaces ? Que d'années on passe à acquérir certaines techniques, à terminer ses études secondaires, supérieures, l'université, à devenir docteur, cependant, on ne veut pas consacrer une journée à effectuer un changement en soi-même. Donc, la responsabilité de chacun est d'opérer un changement radical en soi, parce qu'on est le reste de l'humanité.

 

La question suivante est: quelle est l'action juste vis-à-vis de la violence et lorsqu'on y est confronté ? La violence, c'est la colère, la haine, le conformisme, l'imitation, l'obéissance. Le refus de tout cela est son contraire. Est-il possible de se libérer de la violence qui fait partie de la vie de chacun, probablement héritée de l'animal -de s'en affranchir, non relativement, mais complètement ? Cela signifie se libérer de la colère; non seulement de s'en libérer, mais de ne pas la ressentir dans son esprit. Ou bien, est-il possible de s'affranchir du conformisme -non du conformisme extérieur, mais du conformisme par comparaison ? On compare tout le temps, psychologiquement -j'étais, je serai ou je suis quelque chose. Un esprit qui compare, qui juge sans cesse, est agressif. Si l'esprit se dégage de l'imitation, du conformisme et de la comparaison, alors, à partir de là, il pourra poursuivre une action juste. L'esprit peut-il s'affranchir absolument de toute violence ? Si oui, comment réagit-il en rencontrant la violence ? Si on se retrouve face à face avec elle, dans quel sens agit-on ? Peut-on être juge de ce que l'on va faire en l'abordant ? Confronté à la violence, l'esprit subit une rapide altération chimique: il réagit beaucoup plus vite que le coup. Le corps entier réagit et la riposte est immédiate; on peut ne pas rendre le coup, mais la présence même de la colère ou de la haine provoque la réaction et l'acte. Voyez ce qui se passe en présence d'une personne en colère si on en est conscient sans réagir. A partir du moment où on prend conscience de la colère de l'autre sans réagir, il y a une réaction très différente. L'instinct est de répondre à la haine par la haine, à la colère par la colère: la poussée chimique dans le système crée les réactions nerveuses; mais calmez tout cela en présence de la colère, et l'action qui en découlera sera différente.

Il n'y a que l'amour

Il n'y a que l'Amour,
 
 
et ce qui n'apparaît pas être l'Amour,
est encore un appel déguisé vers l'Amour.

21:49 Écrit par dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le rideau de lumière

 


Quand le rideau se lèvera, tu verras que nous ne savions rien,

ni toi, ni  moi.

Omar Khayyam

00:38 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Apprendre à mourir pour mieux vivre

 Nos vies sont remplies de toutes sortes d'expériences, d'apprentissages, d'obligations, d'actions, de souffrances, d'angoisses, d'attachements ... mon job, ma famille, ma maison, ma réputation, ma foi, mes croyances, mon pouvoir, ma séduction, mes idoles ... et quand approche l'heure de la mort on commence à se demander à quoi a servi toute cette agitation, tout ce savoir et ces biens accumulés,  puisque la mort est au bout, puisqu'il va falloir quitter tout ce à quoi nous sommes attachés ?

Nous poursuivions une immortalité illusoire en faisant de soi une fin.
 
La question du sens de la vie pose fatalement la question du sens de la mort ...
 
La tentation est grande de penser qu'il y a une vie après la mort ... Consolation, espoir suprême des religions (interrogeons-nous en passant sur la finalité qu'il y a à nous faire espérer le paradis, la vie éternelle ou la réincarnation ?) L'espoir d'un futur hypothétique heureux - sous réserve d'obéir à un certain nombre de lois - fait mieux passer la douleur du présent ... Fuite ?
 
Mais ai-je résolu le problème que pose ma façon de vivre, ou découvert s'il en existe une autre, exempte de douleur, de souffrance, ici, maintenant ?
 
Non. Parce que si j'ai peur de la mort, j'ai peur de la vie. L'une n'existe pas sans l'autre. 
Qui refuse d'entrer dans la vie, ses dangers et ses épreuves,  meurt à petit feu tous les jours ...
Qui fonde sa vie sur la peur de la mort, a perdu le bonheur de vivre.
 
Il nous faut apprendre à vivre.
 
Si je laisse, à chaque instant, tout s'achèver et  renaître simulltanément, je m' exonére de la peur et du temps. Je ne désire plus devenir quelque chose. Je n'ai plus cet horizon de perfection à atteindre. Je ne cherche plus à créer de la permanence, donc de la possessivité ; à travers l'amour, par exemple. Je vis en paix et en sécurité dans l'impermanence.
 
Mais les humains aiment tellement compliquer les choses ...
MC

Pour qui le paradis ?

Pour qui le paradis ?

Un homme fit un rêve dans lequel il  était assis dans un train, un train très rapide, et il se renseigna: "Où va ce train, vers où suis-je emmené ?"
On lui répondit :
"Ce train va au paradis."
Il se dit: "C'est très bien, c'est bien mieux que je vois de mes propres yeux quelle sorte de gens sont là."
Et il conclut: "Si je peux trouver là Socrate, ça voudra dire que la bonté, l'innocence, la sincérité sont suffisantes, qu'il n'y a pas besoin de croire en Dieu. Si Socrate est là, Gautam le Bouddha, Mahavir... mais si je ne trouve pas ces personnes, je verrai alors quelles sortes de personnes sont là - car Adolphe Hitler croyait en Dieu, Napoléon Bonaparte croyait en Dieu, Alexandre le Grand croyait en Dieu, et ils ont tué beaucoup de gens. Nadirsha croyait en Dieu et sa seule joie était de brûler les gens vivants. Si je trouve ces personnes sur place, alors c'en est fini de moi, j'aurai à dire la vérité à mes pairs."

Il atteignit le paradis.
Il ne put pas en croire ses yeux. Il nettoya ses lunettes, regarda encore. La gare semblait avoir subi une catastrophe, elle était en ruine. Il y avait écrit "paradis",  mais le mot était effacé; il y avait peut-être des millions d'années que quelqu'un l'avait écrit. Et c'était sale, partout. Il se dit que... peut-être était-il arrivé en Inde ou quoi? Cela ne ressemblait pas au paradis, quelle sorte de paradis était-ce donc là ?
Il descendit du train et alla au bureau des renseignements - il n'y avait personne. Il essaya de découvrir... "je voudrais me renseigner au sujet de quelques personnes, sont-elles ici? Gautam le Bouddha? Socrate? Pythagore? Héraclite? Epicure ? Mahavir ? Lao Tseu ?"
On lui répondit: "Jamais entendu parler."
Et il vit des gens, juste des cadavres, comme si tout jus avait été retiré de leur peau, des squelettes. Il se renseigna: "Qui sont ces gens ?" L'un était un grand saint dont il avait entendu parler, un autre était saint François, un autre, Eckhart...
Il dit: "Mon Dieu !"
Et de la poussière, des couches de poussières sur tous ces gens, et tout l'endroit donnait l'impression que la pluie n'était pas tombée depuis des siècles. Tout était sec, rien n'était vert - pas de fleurs, pas de feuilles !
Il n'avait jamais vu un tel endroit. Il dit: "Mon Dieu, si le paradis est comme ça, God save the Queen ! (Que Dieu sauve la Reine!) C'est un endroit dangereux."
Des saints étaient là assis en dessous d'arbres dénudés, sans feuilles. Il demanda si le printemps arrivait parfois ici ou pas - il se vit répondre : "On n'a jamais entendu ce mot. Que voulez-vous dire par 'printemps! ?" Pas de danse, pas de chanson, pas de joie...

Il se rua à la gare et se renseigna pour savoir s'il y avait un train pour l'enfer. "Il est à quai, il part tout de suite", lui dit-on.
Il prit le train pour aller voir l'enfer. Quelle était la situation là-bas - car vu l'état du paradis, on ne pouvait concevoir ce que ça pouvait être en enfer ! Mais alors qu'il approchait, la brise devint plus douce, odoriférante. Et quand il atteignit la gare il vit de magnifiques personnes, hommes, femmes, enfants. Il dit: "Mon Dieu, il semble y avoir une erreur quelque part, cet endroit devrait être le paradis, tout le monde semble si heureux."
Il descendit et il demanda à quelqu'un: "Avez-vous entendu parler de Socrate, de Gautam le Bouddha, de Bodhidharma, de Basho ?"
La personne répondit: "Ce sont les personnes qui ont changé l'endroit. Cet endroit était pourri, mais depuis que ces gens sont arrivés, ils ont changé l'endroit complètement. Maintenant tout est vert, c'est une oasis. Il y a l'amour, il y a des chansons, la musique. Attendez ce soir, quand tout le monde danse, chante, pour l'instant tout le monde travaille dans les champs. Regardez cet homme qui travaille là-bas dans le champ, c'est Socrate !"
Ce fut un tel choc, qu'il se réveilla.

Il réfléchit et interpréta son rêve de cette façon : La question n'est pas de savoir si les bonnes personnes, les personnes vertueuses, vont au paradis; en fait c'est juste l'inverse... Là où vont les personnes bonnes et vertueuses, elles créent le paradis. 

 

J'ai emprunté cette petite histoire à Osho

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Heureux les pauvres d'esprit

Heureux les pauvres d'esprit ...

 

colibri

Le pauvre d'esprit est celui qui est le plus proche de l'état virginal et dont l'âme n'est au demeurant pas voilée des fardeaux du mental, du savoir, de l'égo et de tout le fatras qu'escorte la matière.


Le malheureux est donc, a contrario, celui qui est riche d'esprit, et donc lourdement chargé des voiles de la matière.
Ces voiles sont si épais que la Lumière ne lui est plus perceptible.

 
La nudité, une autre pauvreté ? Oser être nu face à l'autre c'est aussi oser être vrai et réel.
 
Voici donc une belle pauvreté ; celle où le dépouillement du paraître est la véritable richesse.

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 Le mensonge

Le mensonge

Le menteur se sent en décalage par rapport à ce qu'il aurait voulu être. Il invente un 2e Moi qui colle mieux à son image idéale de soi. Il tente de se créer un autre destin parce qu'il n'est pas satisfait du sien et parce qu'il a un besoin fou de l'admiration, de l'amour des autres ... Ce désir de vouloir être perçu différemment traduit, en fait, la non-acceptation de certains éléments de soi.
  
Pour se séparer de l'illusion
que pouvons nous faire ?
 
Il n'y a pas d'autres solutions que d'y aller Voir !
 
Tout ce que vous fuyez, tout ce que vous critiquez, tout ce dont vous avez peur, tout ce que vous détestez, regardez cela, et voyez que ce que vous estimiez être loin de vous, à l'extérieur, n'est qu'une projection de vous-même.
Réconciliez-vous avec cette part de vous-même. Ne la jugez pas.
et ouvrez vous yeux désormais sur ce qui est.
Aimez ce qui est !
 
Je suis allée à une conférence de Byron Katie. Il y avait à coté de moi, dans le public, une jeune femme qui a entamé un dialogue avec elle. Elle était battue par son compagnon. En moins de deux, B. Katie l'a retournée comme une crêpe et cette jeune femme a fini par dire que c'était elle-même qui se maltraitait, en se servant de son compagnon, car elle ne s'aimait pas .... Tout d'un coup, ce compagnon, de bourreau, devenait l'instrument qu'elle s'était choisi pour vivre l'enfer qu'elle s'estimait devoir mériter. Ses larmes coulaient et c'était magnifique à voir. Toute cognition passe souvent par les larmes, mais ce sont des larmes de réconciliation avec soi.
 
Voilà une façon "d'aider" qui me plaît. Vous ne tombez pas dans le piège de la personne qui vous expose ses malheurs. Vous ne la  plaignez pas, vous n'essayez pas de lui donner des conseils, vous ne la bercez pas dans vos bras ... Vous l'emmenez y VOIR !
 
Je discutais récemment avec quelqu'un qui se demandait "comment peut-on  voir si quelqu'un vous ment ou pas" ?. J'ai répondu "on voit le mensonge quand on a cessé de mentir soi-même" - qu'on se mente à soi-même ou qu'on mente aux autres d'ailleurs ... Il n'y a aucune différence -.
   
Avez-vous été la victime d'un menteur habile ? Le menteur a besoin d’un auditoire. Je pense qu’il faut être deux pour qu’il y ait mensonge. Un pour mentir, un pour entendre le mensonge, y croire, se laisser “berner”. Un "bon" menteur  sait très bien utiliser la “naiveté”  de l’autre, ses peurs, ses doutes, son refus de regarder et d'accepter la réalité ...
 
Mais au fait, celui qui se laisse berner n'est-il pas un menteur lui-même, une sorte d' "amateur d'illusions",  avec des envies de rêve, d'émerveillement, d'évasion, de clinquant, de grandiose ... ?
Parce qu'il est lui aussi insatisfait, il est prompt à se laisser séduire par la poudre aux yeux, les belles histoires pleines de magie et de mystères, pleine de promesses de pouvoirs, de secrets révélés .
 
Lorsque vous êtes mensonge vous récoltez le mensonge.
 
Je cherche toujours qui se cache derrière les masques. Derrière cette illusion de façade, je cherche la vérité. Tellement plus belle ... quelle qu'elle soit ... L'Etre me dit : permets moi de me révéler ...
MC

 Le diviseur indivisible

 

 Douglas Harding dit dans "La 3e voie - vers un nouvel humanisme"

:

" Le marginal imagine qu'il est une chose dans le monde, le sage peoit qu'il est la non-chose qui contient le monde. Le sage est non seulement l'espace dans lequel les choses se produisent, mais aussi l'espace dans lequel se produisent tous les dilemmes et les contradictions qui affectent les choses, sans le toucher le moins du monde. Etant le contenant de toutes choses, l'espace conscient qui est aussi leur source et leur alité, il est lui-me la conciliation de tout ce qui les divise. Ainsi le sage résout le dilemme - passivi/activi, tachement/engagement, observation/responsabilité de la seule manière possible : en étant la source des deux. En tant que leur source unique, il est en amont de tous ses affluents à deux branches. Il est la tige du bâton fourchu. Il est le diviseur indivisible.
E
tant cette source, cette tige, nous sommes libres de toutes les contradictions, tous les déchirements dont souffrent les humains.

La mort, d'une rive à l'autre

La mort, d'une rive à l'autre

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit :
"Il est parti !"
Parti ? Vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout...

Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "Il est parti !",
il en est d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,
s'exclament avec joie :
"Le voilà !"...

C'est cela  ... la mort.

William Blake

 

Coucher de soleil

00:10 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Ha cette Thérésa !

Ha ... cette Thérésa !

 

Ci-dessous, la version d'une question « bonus » de chimie donnée à l'Université de Nanterre.

La réponse d'un étudiant a été si loufoque que le professeur l'a partagée avec ses collègues, via Internet, et c'est pourquoi nous avons le plaisir de la lire...

 

Question bonus : « L'enfer est il exothermique (évacue de la chaleur) ou endothermique (absorbe de la chaleur) ?»

 

La plupart des étudiants ont exprimé leur croyance en utilisant la Loi de Boyle (si un gaz se dilate il se refroidit et inversement) ou ses variantes.

 

Cependant un étudiant eut la réponse suivante :

 

« Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l'enfer avec le temps. Nous avons donc besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l'enfer.

Je pense que nous pouvons assumer sans risque qu'une fois entrée en enfer, l'âme n'en ressortira plus. Du coup, aucune âme ne sort.

 

De même pour le calcul du nombre d'entrée des âmes en enfer, nous devons regarder le fonctionnement des différentes religions qui existent de par le monde aujourd'hui.

 

La plupart de ces religions affirment que si vous n'êtes pas un membre de leur religion, alors vous irez en enfer. Comme il existe plus d'une religion exprimant cette règle et comme les gens n'appartiennent pas à plus d'une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont en enfer...

 

Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l'enfer parce que la Loi de Boyle spécifie que «pour que la pression et la température restent identique en enfer, le volume de l'enfer doit se dilater proportionnellement à l'entrée des âmes. » Par conséquent, cela donne deux possibilités:

 

* Si l'enfer se dilate à une vitesse moindre que l'entrée des âmes en enfer, alors la température et la pression en enfer augmenteront indéfiniment jusqu'à ce que l'enfer éclate.

 

 

* Si l'enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d'entrée des âmes en enfer, alors la température diminuera jusqu'à ce que l'enfer gèle.

 

Laquelle choisir ?

Si nous acceptons le postulat de ma camarade de classe Thérèse m'ayant affirmé durant ma première année d'étudiant: « Il fera froid en enfer avant que je couche avec toi », et en tenant compte du fait que j'ai couché avec elle la nuit dernière, alors l'hypothèse doit être vraie. Ainsi, je suis sûr que l'enfer est exothermique et a déjà gelé... Le corollaire de cette théorie c'est que comme l'enfer a déjà gelé, il s'ensuit qu'il n'accepte plus aucune âme et du coup qu'il n'existe plus... laissant ainsi seul le Paradis, et prouvant l'existence d'un Être divin ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Thérèse n'arrêtait pas de crier "0h... mon Dieu !"..."

 

(C'est le seul étudiant à avoir reçu la note 20/20)

 

00:06 Écrit par dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'humour

l'humour

L'humour est une sorte de distanciation vis à vis du monde relatif. Celui qui en use sait que la vérité, quand elle est une pensée, peut être tout et son contraire. Alors il la triture, la déforme, la travestit, la chahute, comme s'il n'était pas dupe de cette vérité là ... J'aime beaucoup l'humour qui est une agilité, une souplesse de l'esprit et donc une prédisposition vers la Vérité.
MC

00:04 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le jardin de Mimi

Le jardin de Mimi

 

 

 C'est une Mimi d'amour qui cultive son âme comme elle cultive son jardin.

Le jardin de Mimi est comme son coeur. Elle y crée des massifs qui sont chacun dédiés à ceux qu'elle aime ; ainsi elle comprend que l'absence n'existe pas. La contemplation de la nature l'apaise et la ressource.

A partir de cet espace sûr, elle peut maintenant s'aventurer, et même se perdre, avec l'assurance qu'elle retrouvera son Jardin. Elle a une sorte de jubilation à oser tout ce qui lui faisait peur avant. Et elle rit de voir que la vie est comme un jeu. Elle retrouve l'innocence et la joie de vivre de son enfance, mais avec sa liberté d'être à la fois dans le clan et hors du clan, sans culpabilité. Elle Est Elle-même parmi les humains et parmi ses fleurs. Plus rien ne peut la détruire. La mort, même, est un sourire.

 

Elle écrit :

 

 

La mare est le jardin de Raphael,
la fougère, celle de Stephanie,
 
 
 

 
 
la grenouille, le cadeau d'Alexandre,
 
La delicatesse des roses, le jardin de Julien.
 
 

 
  
Il manquait le tien ...
 
Le tout de cet ensemble est Mon jardin
Vous êtes ainsi presence  et unité avec moi.
Je ne pouvais rêver d'endroit plus propice.
Le jardin est le receptacle
des couleurs
 des senteurs
des ressentis profonds
il est aussi moment present.
Là un geai, l'instant suivant le battement d'ailes du papillon
et deja le rouge gorge gonfle sa poitrine
Là, d'instant en instant, les feuilles, une par une, prennent les couleurs de l'automne
un nuage passe et les contrastes changent.
 
Assise près de la mare
se reflète dans son eau
le moment présent que je vis 
et son image est d'une tendre
          "harmonie "
 
Il ne reste plus qu'à entendre le crissement de tes pas sur le gravier ...
La porte elle, est dejà ouverte
comme mon coeur aussi ...
Mimi

00:02 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/08/2006

Le silence créateur

Le Silence créateur

J'ai longtemps connu le doute. Un sentiment de vide s'installait, brûlant toutes mes certitudes.  Bien que je ne la comprenne que partiellement, je me référais souvent à la phrase du grand Socrate qui collait si bien à ma réalité : "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien".

Pourtant, le message de cette phrase n'avait rien de rassurant ni de confortable. Et sa signification me restait obscure.

 

Et tandis que je réfléchissais à ce doute, je tombe justement sur ce passage du livre "Passagère du silence" de Fabienne Verdier qui est allée chercher au fin fond de la Chine communiste les secrets de l'art ancestral de la calligraphie auprès d'un Maître. Dans ce passage, elle raconte  justement ce moment de doute où après des mois d'entraînement, elle éclate, un matin d'hiver devant son maître :

"Ca ne va plus ; je ne sais plus où j'en suis. Bref, je ne comprend plus rien du tout.

- Bien, bien.

- Je ne sais pas où je vais.

- Bien, bien.

- Je ne sais même plus qui je suis.

- Encore mieux !

-Je ne sais plus la différence entre le "moi" et le "rien".

- Bravo !

Plus je fulminais, plus il se réjouissait, avec une expression de bonheur et de stupéfaction sur le visage. il trépignait même, les larmes aux yeux. Je poursuivis, accablée par une douleur intérieure, croyant qu'il ne comprenait pas ce que je disais : "Après toutes ces années de pratique, je me rends compte que je suis toujours aussi ignorante devant l'univers. je n'arriverai jamais à acomplir ce que tu me demandes.

- Oui, c'est exactement cela, disait-il en frappant de joie dans ses mains.

Il dansait sur place avec une jouissance incompréhensible. A cet instant, j'ai pensé qu'il délirait.

- Tu ne sais pas à quel point tu viens de me faire plaisir ! Il y a des gens à qui une vie ne suffit pas pour comprendre leur ignorance."

 

 

 

J'ai compris bien plus tard ce que la phrase de Socrate voulait me dire : Que l'illusion du savoir est un grand obstacle au Savoir. Bien installés dans nos certitudes, nos idées toutes faites, nos schémas répétitifs, nous ignorons notre  propre ignorance.

 

Une certaine forme d'ignorance serait donc féconde ?

  

Retour à d'autres passages du livre de Fabienne Verdier. C'est son maître en calligraphie qui parle :

 

« Regarde, m'a-t-il dit, voici une bonne image du chaos. C'est ton point de départ. Dans le chaos et l'obscur réside le mystère originel. Suis, toi aussi, le principe cosmique pour donner vie à ta création. Comme le ciel, créé à partir du chaos. Suis ton intuition et débroussailles l'informe pour aller, à travers les formes, au-delà de celles-ci. Transmets l'esprit des choses et n'oublies pas que l'esprit réside aussi dans les montagnes et les plantes ; elles ont une âme, et c'est le ciel qui la leur a donnée. La forme naît de l'informe : il ne faut pas avoir peur du chaos. Prends un pot par exemple : c'est le vide qu'il enferme qui crée le pot. Toute forme ne fait que limiter du vide pour l'arracher au chaos. »

 

"Le beau en peinture, selon l'enseignement des vieux maitres, disait maître Huang, n'est pas le beau tel qu'on l'entend en Occident. Le beau en peinture chinoise, c'est le trait animé par la vie, quand il atteint le sublime du naturel. Le laid ne signifie pas la laideur d'un sujet qui, au contraire, peut être intéressant ; si elle est authentique, elle nourrit un tableau. Le laid c'est le labeur du trait, le travail trop bien exécuté, léché, l'artisanat."

 

 

 

"Si tu tentes d'achever une oeuvre, d'enfermer une composition, elle meurt dans l'instant. Je pensais alors à cette idée de Jankélévitch : "C'est dans l'inachevé qu'on laisse la vie s'installer". On ajoute toujours un coup de pinceau en trop ... Détruis les frontières ou catégories esthétiques forgées par nos cultures et n'aie pas peur de paraître folle ou excentrique car il s'agit de retrouver les mille et une manifestations de la nature des choses."

 

 Clémence

 

"L'unique trait de pinceau, ce "cérémonial du peintre", naît, sous le sceau de l'inspiration, d'un geste spontané, d'une pulsion première, d'une osmose primordiale avec la sève créatrice. Grâce à cette discipline, je tente de vivre "l'esprit un" en sa réalité absolue. On se rend compte que derrière le vide apparent du silence, la vie grouille de toutes parts et c'est alors, avec pudeur et émerveillement, qu'on saisit la pensée poétique.

 

 

L'Illimité

 

 

"L'acte d'agir doit être l'agir du non agir ; l'agir naturel, sans désir, qui n'est pas tourné vers le moi. C'est par l'oubli de soi qu'on obtient la fusion avec le Ciel, avec le Tout. Cesse de penser, de vouloir, de calculer. Instaure en toi la non contrainte totale pour être en harmonie avec la source de ton coeur. Fuis le rationnel, le conventionnel. Quand cette source où tu bois le meilleur de ton oeuvre se tarit, ne force pas, n'essaie pas d'extraire à tout prix, avec effort, l'inspiration qui passe, aussi fugitive que le désir. Sors, promène toi, parle à ton oiseai. Et ne regrette rien ! Tu n'aurais créé qu'oeuvre morte."

 

"Garder un coeur pur est sans doute plus facile pour un être simple que pour un intellectuel. Pour toi, peintre, c'est une condition nécessaire si tu veux entrer au paradis de l'art. Sois généreuse, fuis les concessions, mets une sourdine à l'ambition et le succès viendra sans que tu aies à le regretter par la suite."

23:59 Écrit par dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le combat de Jacob avec l'ange

C'est un épisode de la bible peu connu. Delacroix l'a peinte à l'entrée de l'église St Sulpice à droite, dans la chapelle des anges. Jean Paul Kaufman en a fait un livre passionnant.

 

On se rappelle que Jacob était un type pas tres recommandable et assez fourbe. Entre autres exactions, il avait ravi à son frère son droit d'ainesse contre un plat de lentilles.

Jacob rencontre l'ange alors qu'il est en route pour se réconcilier avec son frère. On est frappé par l'expression de l'ange calme et détachée tandis que Jacob, tres offensif, développe toute sa puissance.

 

A l'issue d'une nuit de lutte, Jacob gagne le combat.

Il nomme ensuite le lieu de la lutte "Peniel" ce qui signifie "face de Dieu". "Car j'ai vu Dieu face à face, et ma vie a été sauvée".

 

Cet épisode nous rappelle que nous avons à traverser notre propre vallée de l'ombre pour découvrir notre numinosité. Le repentir est une sorte d'abandon, l'abandon de notre orgueil. 

 

Près du tableau, dans l'église, un commentaire :

"On ne peut manquer d'être frappé par la qualité d'interprétation de Delacroix, tant dans l'esprit que dans la forme. Cet ange qui contient avec sérénité les efforts désordonnés de l'homme qui ne veut se soumettre, n'est-il pas la parfaite traduction de notre combat intérieur quotidien où nous devons découvrir que Dieu n'est pas contrainte, mais liberté, et que c'est de nous-même que nous devons triompher ?"

 

Cet épisode est assez énigmatique et je me demande pourquoi Jacob a gagné le combat ?

Ici :

http://giffie.free.fr/site/Pages/B1-4.html

Je lis : Jacob a gagné parce que l'ange a bien voulu.

 

Ceci me parait une évidence ...

(Il faut écouter le commentaire parlé en cliquant sur le texte).

 

La représentation de cette lutte est en fait le symbole du combat entre le matériel et le spirituel.

La plus grande espérance de notre humanité est de voir l'ange sortir victorieux de ce combat.

Nous nous débattons, nous résistons, alors que la présence du sacré nous tend les bras. Parfois, nous la voyons même comme une menace... Absurde condition que celle de l'homme qui ne sait pas encore qui il est.

23:51 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le ciel dans l'eau

 
Ou est le ciel ou est l'eau ?
Ou est la réalité ? Ou est le reflet ?
L'eau est comme un miroir
dans laquelle le ciel se réfléchit
Mon âme est comme un miroir
dans laquelle se réfléchit la réalité.
Suis je le reflet ?
Suis je la réalité ?
Suis-je l'observateur ?
Suis-je l'observé ?
Ou suis je celui qui est à la fois la réalité et son reflet ? 
 
Je suis
Je suis le ciel et l'eau
Je suis le ciel dans l'eau ...
 
Présence à la beauté et l'amour de cet instant.

 

23:25 Écrit par dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

le Ying et le Yang

CHANCE ou MALCHANCE ?

Un habitant du nord de la Chine vit un jour son cheval s’échapper et passer de l’autre côté de la frontière. Le cheval fut considéré comme perdu.

A ses voisins qui venaient lui présenter leur sympathie, le vieil homme répondit :

La perte de mon cheval est certes un grand malheur. Mais qui sait si dans cette malchance ne se cache pas une chance ?

Quelques mois plus tard, le cheval revint accompagnée d’une magnifique jument. Les voisins félicitèrent l’homme, qui leur dit, impassible :

Est-ce une chance, ou est-ce une malchance ?

Le fils unique du vieil homme fut pris d’une véritable passion pour la jument. Il la montait très souvent et finit un jour par se casser la jambe pour de bon.

Aux condoléances des voisins, l’homme répondit, imperturbable :

Et si cet accident était une chance pour mon fils ?

L’année suivante les Huns envahirent le nord du pays. Tous les jeunes du village furent mobilisés et partirent au front. Aucun n’en revint. Le fils estropié du vieil homme, non mobilisable, fut le seul à échapper à l’hécatombe.

(d’après Hoài-Nam-Tu)

 

Nous jugeons sévèrement le monde et ses désordres, ses furies, ses abominations. Et nous désirons que cela change. Nous voulons un monde meilleur.

Mais qui est le monde ? Nous ! Toi, moi, Je, nous.

Et si "Je" commençait à regarder en lui ce qu'il rejette tant, quand il le voit à l'extérieur ?

 Ce qui perturbe et qui encombre trouve son origine dans nos refus, dans ces multiples refus que nous renvoyons a la face de l'univers.

 Lorsque nous portons un "oui !" inconditionnel sur les événements que nous observons, nos énergies ne sont pas perturbées.

 

Ne pourrions-nous pas admettre que le négatif et le positif sont les extrêmités d'un même principe et qu'il n'y a pas à lever des armées pour détruire l'un ou l'autre.

La vie est comme une balance qui revient à son équilibre pour peu qu'on laisse les plateaux vides.

 

Chaque état est provisoire, et dans le pire est déja contenu le germe du meilleur.

 

Lettre à une amie

J'ai repensé à ta question de savoir s'il est plus angoissant de perdre ta relation avec ta maman ou de te perdre toi-meme.

A cette question qui t'angoisse, car elle anticipe deux épouvantables catastrophes, j'ai envie de répondre que tu n'as rien à craindre.

C'est une de ces questions du mental qui est là pour entretenir la peur.

Mais ce n'est pas une vraie question. C'est une question sans réponse.

Dis toi bien que ce genre de question n'est créée par le mental que pour entretenir la souffrance.

 

Les vraies questions contiennent toutes en elles le germe de leur réponse.

 

La vraie question est "qui suis-je ?"

 

Il est facile de répondre à cela.

 

Tu es sur le chemin de toi-même et tu es en train de te trouver, de plus en plus.

En te trouvant tu découvres que l'absence n'existe pas. Ta présence est non-absence. Lorsque tu dis "je suis", Tout Est.

Il n'y a pas quelque chose que tu puisses perdre.

L'amour occupe tout l'espace.

 

Ainsi, face aux angoisses des autres, tu vois maintenant leurs pauvres défenses, leurs manipulations pour faire pencher ta balance du côté de leurs angoisses.

Je pense que quand On Se trouve, on est face aux autres, sans protection, transparent, totalement visible et pourtant invulnérable car notre véritable nature est  ... ce qui est éternel !

 

 L'autre peut se nourrir de ce que nous sommes sans nous vider de notre substance.

 

Imagine cet amour-énergie-lumière qui t'environne et qui est Toi aussi et qui ne tarit jamais. Voila ce qu'est ta véribable nature, amie.

 

Si tu es la personne véritable qui ne donne pas prise à la manipulation, tout en voyant celle-ci et ce qui la motive - c'est a dire, les propres peurs de ta maman - tu ne peux pas la perdre, car tu l'aides, et son âme aime ça.

Tu la mets sur le chemin de retrouver elle aussi son essence. Là où aucune peur ne peut survivre.
Tu gagnes donc sur les deux tableaux.

 

Tu changes, et tout change.

 

Nous avons seulement à nous défaire de nos horipeaux. Ceux qui nous habillent d'inutiles artifices et de cuirrasses rigides et encombrantes.

Se dépouiller c'est aller vers l'Essentiel, ce à quoi nous tenons vraiment, qui n'est autre que paix, harmonie, beauté, amour ...

 

Chaque jour tu vois un peu plus tes créations nuisibles, et le simple fait de les voir fait qu'elles perdent leur force, leur pouvoir de nuisance et leur présence terrifiante.

 

La peur ne se domestique pas. Il suffit que la main s'ouvre et ne retienne plus la ficelle au bout duquel le ballon attend sa délivrance. La main qui retient est celle qui a peur. Elle est fermée, repliée, elle cherche à enfermer. La main qui ne retient plus rien est une main qui acceuille, mais laisse libre. 

 

Tu le sais maintenant de quelle nature est l'amour de quelqu'un qui ne te juge pas, qui n'estime pas que tu aurais bien besoin de son aide, qui te laisse libre mais dont la présence est si aimante que tu te sens à la fois pleine et légere, présente à ce qui est, vibrante à l'unisson de la nature, confiante dans l'amour agissant ...

 ... Ce quelqu'un qui est Toi, Moi, Nous, Tout.

 

Prend soin de toi et porte toi bien.

 

23:09 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

de l'amour à l'Amour

De l'amour à l'Amour

 

Souvent, dans l'amour, on va chercher une image idéalisée de soi, celle que l'autre projette sur nous ; on va chercher le réconfort que donne le fait que quelqu'un vous voit paré de toutes les qualités.

 

Je me sens tellement indigne, je suis lourd de tous mes échecs et de tous les jugements sur moi ; je me sens tellement loin de l'idéal que je me suis fixé, que l'on m'a fixé. Et soudain me voici parée de tous les feux de la rampe. Il est doux pour moi, qui suis intérieurement insécure, qui ne sait pas qui je suis, que soudain quelqu'un "m'aime", car soudain je me sens exister.  Je suis au sommet de l'olympe, projetée par ce mystère qui a fait de moi le seul, l'unique, aux yeux de l'aimé.

 

Quel velours narcissique pour l'âme !!!

 

Mais quel égarement ... !

 

D'abord, celui qui nous fait l'insigne honneur de nous aimer ne voit en nous que ce qu'il veut bien voir. Il est aveuglé par deux ou trois choses de nous sur lesquels il a focalisé. Nous sommes, bien souvent, le produit de son imaginaire. Est-ce bien nous qu'il voit ? Ou n'est-ce pas une illusion ? A quel besoin intime de l'autre répondons-nous ?

 

Et puis un jour cet amour disparaît.

 

Qu'avons-nous fait pour que soudain "l'amour" n'existe plus ? Rien. Nous ne sommes pas coupables. Dans le monde des illusions, tout s'enfuit ...

en laissant un vide immense à l'intérieur de notre ... coquille !...

 

Que ne l'habitions-nous, nous-même !

 

Quelle est la nature de cette blessure, de ce vide si douloureux ?

Cette désertion est vécu comme un abandon incompréhensible … puisqu'à nos yeux la relation était parfaite, passionnante, enivrante …

Soudain on se demande : mais qui est vraiment cette personne que j'ai tant aimée, admirée ?

 

Comment n'ai-je pu la retenir ?

 

Cette souffrance est une réelle opportunité d'aller à la rencontre de soi-même.

Si l'on veut bien entreprendre un travail de deuil et de détachement, nous nous offrons la chance inouïe d'une transformation profonde.

 

Une des difficultés rencontrée c'est de se cesser de se référer à cette relation comme "la relation idéale".

On est, en quelque sorte, "déformé" par cette relation.

Il faut  retrouver sa propre forme, mais laquelle ?

 

Ne sommes-nous pas des rêveurs, sensibles aux belles paroles et prêts à l'évasion dans l'illusion  dès que l'occasion se présente ?

 

 N'avons-nous pas tendance à nous sur-adapter aux autres pour capter leur affection ?

Savons-nous nous positionner clairement face aux autres ? ou ne leur donnons-nous qu'une image floue, masquée, changeante, difficile à percevoir ?

Nos limites se définissent-elles clairement ?  Ne sommes-nous pas le candidat idéal à la manipulation ? Si nous donnons trop, si nous aimons trop,  si nous devançons les besoins de l'autre, si nous acceptons des autres au-delà de nos limites, si notre  seuil de tolérance est  trop élevé,  ne sommes-nous pas en train de piétiner le respect auquel nous avons droit, ne sommes-nous pas en train de nous oublier ?

Ce besoin d'aider, de se mettre au service de l'autre, ne masque t'il pas notre propre besoin d'aide ?

 

Le travail intérieur commence :

Apprendre à observer ses ressentis, ses émotions, avec détachement, sans jugement, sans culpabilité …

 

Voir que ce passé souffrant, marqué par l'abandon, n'a pas de réalité dans notre présent ...

Trouver sa sécurité intérieure, apprendre à vivre sans masque, sans référence…

S'aimer, se respecter, se choisir …

 

Le travail intérieur m'a conduit à un état d'esprit tellement serein que j'en suis presque venu à me demander si je n'allais pas regretter les émotions fortes, la panique, que l'état amoureux provoquait en moi auparavant …

 Désormais je suis sans attente,  sans peur, sans manque, sans stress ...

 

Quiconque nous croisons dans notre vie peut être un maître.

 

Les plus grands sont peut-être ceux qui nous font le plus souffrir.

 

En tout cas, je dois une fière chandelle à un de ces maîtres qui s'ignore.

 

J'ai compris que j'avais créé toute cette situation souffrante, et lorsque j'ai bien voulu accepter l'idée que j'en étais la cause, le pardon et la gratitude en ont découlé tout naturellement.

 

Lorsque le pardon est le résultat d'une compréhension profonde de la façon dont vont les choses, il marque profondément l'âme.

 

Et rien n'est plus pareil.

 

Nous ne sommes plus du tout anesthésié, et notre cœur est de plus en plus ouvert, notre vision de plus en plus claire. La simple joie d'observer les nuages, les gouttelettes d'eau sur les feuilles, les jeux de l'ombre et de la lumière,  avec l'émerveillement des enfants, nous transporte …

 

Notre Présence aux autres, à la vie, est de plus en plus lumineuse.

 

Nous voyons leur souffrance. Nous éprouvons la compassion.

 

Nous avons appris, de l'intérieur, ce qu'est le pardon, le lâcher-prise ...

 

Nous avons compris combien l'illusion est dangereuse et douloureuse.

Nous sommes devenus amoureux de CE QUI EST.

 

L'Amour alors peut se vivre dans toute sa splendeur.

 

22:51 Écrit par dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Disciple de soi

La véritable maîtrise de soise reconnaît à ceci : le moi nest pas le maître, il est le disciple. Mais disciple de quoi ?

De ce qui, en nous, est le véritable maître. Mais comment le reconnaît-on ? Précisément à ce qu’il ne correspond pas à notre idée de nous-même (en d’autres termes : à notre ego). Le maître à l’intérieur de nous, nous-même en vérité, se reconnaît à ce qu’il nous déroute. Ses manifestations sont paradoxales, et tant que nous sommes attaché à une idée de nous-même, elles nous apparaissent comme des épreuves de la vie. Devenir maître de soi, c’est donc d’abord devenir disciple des épreuves que la vie nous envoie. Mais pas seulement des épreuves : de tout ce que la vie nous envoie, joies comprises ! Devenir maître de soi, c’est devenir disciple de la vie. Car la vie ne s’oppose à nos plans que pour nous reconduire à notre vrai désir. Non pas les constructions mentales par lesquelles nous orientons le plus souvent nos vies dans l’espoir de diminuer notre part de souffrance, et qui nous coupent de notre vérité, - mais cela qui en nous est capable d’aimer, capable de créer, ce oui originel à la vie qui est la source de notre être.

La maîtrise de soi, c’est donc renoncer à tout contrôle sur soi et se faire le disciple de la vie, afin de devenir celui de son vrai désir. Être maître de soi, c’est se vivre non comme un maître, mais comme un disciple : le disciple de Soi

lu : Khrishnamurti, Rajneeshn C. J. Jung de Jan Foudraine

Krishnamurti, Rajneesh, C.G. Jung de Jan Foudraine. Edition Le Voyage Intérieur

 

 

Jan Foudraine est néerlandais, psychiatre-psychanalyste. Il publie en 1971 un livre « La folie qu’on enferme, le journal d’un psychiatre » qui devient immédiatement un succès de librairie.  La réussite sociale dit-il est une expérience extrêmement aliénante. Il est encensée, devient une vedette de congrès mais aussi l’objet de l’hostilité de ses confrères psychiatres. Aucune réforme fondamentale ne survint dans le domaine psychiatrique. Il voit le monde devenir de plus en plus destructeur : pollution, famine, course aux armements … Entre temps, lui, l’idéaliste, habite dans une maison luxueusement meublée et joue les arrivistes en écoutant Peggy Lee chanter : « Is that all there is ? » Cette question fondamentale, spirituelle fait son chemin dans son esprit. D’autres questions arrivent et il est de plus en plus acculé, face à lui-même.

 

En 1977 il rencontre Bhagwan Shree Rajneesh (appelé Osho beaucoup plus tard) et tombe éperdument "amoureux" de ce « maître vivant ». Il déclare à ses collègues consternés qu’il a trouvé un « Christ vivant ».

 

Il part dans la commune de Rajneesh, à Poona, traverse une expérience formidable et revient habillé de vêtements oranges, un mala autour du cou et chargé par le maître d’écrire un livre, « Original face », qui sortira en 1979 et qui sera un nouveau succès de librairie. En apprenant qu’il était épris d’un maître, la presse qui l’avait dressé sur un piédestal en tant que réformateur social, décréta qu’il avait perdu la raison.

 

En tant que psychiatre, il découvrait ce que sont les « délires collectifs ». « Nous sommes conditionnés par notre éducation et par l’ambiance culturelle qui nous entoure. On nous a endoctrinés et les idées que nous avons ingurgitées ont frappé bon nombre d’entre nous d’une cécité catastrophique. Nous sommes littéralement pleins de poncifs, surtout dans le domaine spirituel.

 

En Occident, un de nos délire consiste à croire que l’humanité n’a été visitée que par un seul et unique « fils de Dieu » objet exclusif d’adoration jusqu'à la fin des temps. C’est un grand soulagement de découvrir qu’il y en a eu des milliers et qu’ils ont indiqué la vérité en préservant leur originalité. Même si Jésus a été un maître, il ne détient pas le monopole de l’éveil.

 

Une autre illusion bien ancrée est que l’esprit religieux authentique survit au départ du maître. Il n'hésite pas à affirmer que la religion d’un maître vivant disparaît avec lui. C'est un coup porté aux conditionnements auxquels nous nous sommes identifiés et qui servent d’assise aux églises, aux temples, aux saintes écritures, aux rituels, aux dogmes, aux papes, rabbins et ayatollahs. C’est une libération de comprendre que ce que laisse un maître derrière lui est un boulet, lorsqu’il est repris, réinterprété, par les exégèses dites sacrées, et les ratiocinations théologiques  pour former une religion, et que ceci  paralyse l’évolution de l’intelligence humaine.

 

Ce livre pose la question du rôle du maître. Je m’en tiendrais à rappeler les passages où il parle de Krishanmurti.

 

 

Devenu disciple de Bhagwan Shree Rajneesh, l’auteur a voulu rencontrer Krishnamurti. La différence entre les deux maîtres est frappante : « mon maître s’est un jour comparé à un orchestre, Krishnamurti étant un flutiste exécutant un solo ». Ce qui dérange l’auteur c’est bien évidemment le refus catégorique de Krishnamurti d’accepter toute forme de relation maître-disciple et l’insistance avec laquelle il répéte : « regardez ! » et « faites le totalement seul ! ». L’auteur se scandalise que cet « anti-maître » coupe délibérément la route vers sa guidance et son approche en tant qu’éveillé-vivant  alors que des millions de gens ont besoin de lui.

 

Jan Foudraine raconte sa rencontre avec Krishnamurti. Le maître donne une série de conférences au cours desquelles il commence par décrire la terreur qui s’est abattue sur le monde et le comportement monstrueux des gens qui détruisent la vie sur cette planète ; puis il s’en prend à toutes les idéologies et aux « gourous de pacotille » qui mentent tout en parlant d’illumination et incitent les gens à la dépendance et à la soumission.

 

Il pose la question lancinante de l’origine de la misère, de la famine, des guerres, de la maladie. il stigmatise notre inconscience, notre indifférence et notre bestialité.

 

« Pendant que Krishnamurti continuait de nous fustiger j’avais des visions de Rajneesh parlant dans le Boudha Hall, de la lumière qui jouait autour des plantes et des torrents de rire déclenchés par les blagues qui émaillaient ses discours. Quelle différence ! L’approche de Rajneesh était souvent tout aussi grave, mais il s’exprimait avec une telle légèreté, une telle poésie, que Krishnamurti semblait de plomb, par comparaison ».

 

Ayant conduit ses auditeurs à comprendre que la pensée était la seule cause de notre malheur, Krishnamurti indique ensuite le moyen d’observer la réalité avec « une conscience neutre, ou silencieuse : l’observation dépourvue de centre personnel, de toute idée d’un moi (sinon ce serait une pensée et non une observation) et n’émettant aucune interprétation, aucune appréciation, aucun jugement ». « Pouvez-vous ne pas contaminer la réalité actuelle par tout ce qui est révolu, nommé, figé, mémorisé ? » Lorsque l’observateur et la chose observée se confondent, le conflit disparaît.

 

Puis il s’en prend au « devenir » : « nous voulons tous devenir quelque chose ». Or désirer devenir, c’est penser. « Nous passons constamment de « ce qui est » à « ce qui devrait être ». L’espoir sous toute ses formes me coupe de ce qui est. Il s’ensuit que le désordre et le conflit n’ont jamais de fin.

 

Il réclame également que chacun abandonne tous ses attachements. « Pouvez-vous renoncer à tous vos attachements ? Pouvez vous dire à la personne que vous aimez : excuse moi, mais je ne suis plus attachée à toi ? Pouvez vous le faire tout de suite, sans lutte, sans conflit, sans souffrance, définitivement ? Lâcher-prise ? » « Pouvez vous mettre fin à quelque chose qui vous est cher maintenant ? » « Pouvez vous mourir pendant que vous êtes encore vivant ? »

 

« Pouvez vous mettre un terme aux désirs, aux attachements, à la recherche de plaisir, à l’accumulation de connaissances psychologiques, aux souvenirs, à vos chères opinions ? »

 

Enfin, l’individualité est prise à partie. « Je suis réellement Un avec l’humanité ». Toutes les souffrances rencontrées au cours d’une vie : échec, perte d’un être cher sont en définitive toutes dues au processus ininterrompu d’isolement : la réduction de toute chose à la petite notion d’un « moi » personnel, à l’identification au « je ».

 

L’auteur obtient la possibilité de rencontrer Krishnamurti en privé.

 

« Je fus littéralement submergé lorsqu’il tira à boulets rouges sur absolument tout ce qui m’importait : l’amour que j’éprouvais pour le maître, mon désir passionné de voir le plus possible de voir des gens se frayer un chemin vers lui.

 

Chaque parole de Krishnamurti avait pour but de couper mes connexions.

 

-         Monsieur, disait-il, pas d’échelle, pas de support, pas de dépendance, pas d’autorité d’aucune sorte. On dit que je suis un ascenseur. Le monsieur de Poona est une échelle. Monsieur ne comprenez vous pas qu’il ne peut pas s’agir d’une progression, d’une démarche graduelle ?

 

Je sentais qu’il disait vrai, mais pensait aussitôt : personne ne prend votre ascenseur, c’est là le problème ». « Bon dieu, me disais-je tu t’es fourré dans un beau guépier. Voici un boudha qui vitupère un autre boudha et te voilà suspendu entre les deux. »

 

« En l’écoutant (j’essayais de toute mes forces de comprendre ce qu’il me confiait), il m’arrivait de passer la main sur mon visage. Il l’écartait. Et lorsque je disais : « j’essaie, Monsieur, j’essaie », il remarquait sévèrement : n’essayez pas ! »

 

« Personne n’a fait cela pour vous, personne ne vous a mis sur la voie, c’est vous qui l’avez fait ».

 

Après cette rencontre extrêmement dure pour l'auteur, il assiste à une dernière conférence de Krishnamurti qui s’exprime ainsi :

 

« Quand toutes les illusions sont mortes, quand toutes les images sont effacées et qu’il ne reste plus aucune motivation, plus d’endroit où aller, plus de devenir, plus de désir, alors vous pouvez méditer.

 

Faites-le, je vous en prie, mettez fin à votre attachement particulier à ce moment précis ! Alors ce sera le vide, le no thingness, l’état où ne subsistera pas la moindre ombre créée par votre pensée. Avec l’interruption de la pensée, le temps s’arrête, de même que les comparaisons. »

 

Puis il termine avec la question de savoir s’il existe quelque chose de sacré dans la vie : « si quelqu’un affirme qu’une chose est sacrée, cette chose ne l’est pas ».

 

L’auteur rapportera ensuite cette rencontre à Rajneesh qui lui donnera un éclairage très intéressant sur l'enfance et l'éducation de  Krishnamurti,  déterminants sa rigueur et sa vision sans concessions.

 

La dernière partie du livre raconte comment Jung alla en Inde, et tout en connaissant la présence de Ramana Maharshi à quelques km de là, refusa de s’y rendre.  « Jung choisit de rester un intellectuel et de maintenir sa pensée et son ego intacts ».

 

Peut-être ces quelques lignes vous engageront à en savoir plus.

MC

22:30 Écrit par dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Création, contre-création, non création

Création, contre création, non création

On ne peut pas vraiment se libérer tant qu'on est en colère contre qui ou quoi que ce soit. La colère est une forme de dépendance. Parfois, je me dis que je dois paraître bien passive, aux yeux des autres, dans ma façon de considérer les "injustices" de ce monde... Mais je ne trouve pas "juste" pour moi d'être révoltée non plus, ou de sentir que je subis, d'ailleurs ... J'aime bien "nettoyer" mes conflits internes, ce qui est une grande part du travail de "connaissance de soi".

Et surtout, je n'ai pas la volonté de changer quoi que ce soit, car immédiatement je serai en conflit avec la réalité. Cela ne veut pas dire que je laisse flotter ma barque au gré des courants. Cela veut peut-être dire que je suis le courant ...

La vie se renouvelle à chaque instant.

Mais toute volonté de changement crée de la masse et ralentit tout le système.

Vous fixez votre attention sur quelque chose de non souhaitable et aussitôt vous lui donnez de la force. Chaque fois que vous créez, vous êtes un apprenti sorcier vite dépassé par les conséquences de sa création.

C'est pour cela d'ailleurs que je préfère rendre grâce à prier. Je ne demande rien. Je sais que tout est là.

Toute création, mais aussi toute non création, c'est à dire le souhait ou le refus de quelque chose, entraîne de la masse et des conséquences.

Je reste donc dans la non création.

C'est une des façons de ne pas être en conflit.

L'esprit reste paisible dans la non création. Il n'attend rien mais il est ouvert à tout.

Ce n'est pas par peur que j'ignore les choses non souhaitables, si c'était par peur je leur donnerai de la force aussi. D'ailleurs beaucoup de terribles créations humaines sont le résultat d'une peur. Cette peur contamine peu à peu, en une vaste manipulation, et maintient prisonniers les êtres. Je ne rentre pas dans ce jeu.

Qui est cause ?

Comment se détacher des aberrations de la conscience ? Au delà d'un rapide bilan de ce qui a été vécu, examiner surtout aujourd'hui ce qui vous fait peur, vous entrave, vous blesse, vous maintient dans l'illusion et vous manipule.

J'ai d'abord regardé chacune de ces choses et me suis plainte amèrement de ceux qui en étaient la cause ....

J'ai encore mieux regardé, et j'ai vu que J'en étais la cause ...

Découverte stupéfiante qui vous rend votre responsabilité entière face à toutes vos créations.

En effet, qui peut me manipuler ?

Qui peut me tenir prisonnière ?

Qui peut me blesser ?

Qui peut me faire peur ?

Qui crée l'illusion ?

En règle générale, mon mental est fort capable de faire le gros du travail même si une légère aide extérieure vient l'appuyer.

Admettre alors que je suis cause de ce dont je souffre déclenche le processus de nettoyage qui va alléger l'ego et ramener la paix dans l'acceptation de ce qui est.

Le Soi se vide au point qu'il devient de plus en plus capable de devenir le réceptacle du Tout.

Ainsi naissent le respect, la vérité et l'amour inconditionnel.

On croit souvent que Etre, est le fait d'affirmer qui l'on est dans sa spécificité et sa vérité.

On imagine qu'on va découvrir une Personnalité dans sa pureté premère derrière le voile du mental ;

mais la personnalité, c'est le mental.

Le Soi, lui, n'est que vacuité ou vastitude.

Là se trouve notre ligne directe vers l'infini et l'illimité.

Ici prend fin la répétition du passé et commence la créativité du présent.

Non-agir ! est-ce possible ?

Non-agir ! est-ce possible ?

Le non-agir, comme l'agir demande une intention, un effort, une action. Aussi le non-agir semble être une impossiblité ...

 

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Le non-agir naît de la vision de ce qui est.

 

Alors que l'intention naît d'une projection temporelle du passé vers le futur.


Prenons un ex : une mamie dans la rue tombe devant moi. Je n'ai  pas à avoir l'intention de l'aider à se relever pour l'aider, effectivement. Autrement dit, mon intention est fondue dans l'action au présent.  Donc la dualité n'apparaît pas. C'est quand la pensée s'immisce entre l'observation et l'action que la dualité apparaît. Autrement dit, quand on commence à sous-peser le pour, le contre ...etc...


L'action non-duelle répond dans la seconde, spontanément, à ce qui  est, sans comparaison. Alors, ce sentiment de vision impersonnelle de la  situation est clair. L'acteur personnel n'est pas présent. L'action est présente, en revanche.

 

Alors, c'est sûr que le terme "non-agir" prête un peu à  confusion, puisqu'il y a bien action à un moment donné.

De même, la non-intention est réellement une intention fondue à l'action, car, dans l'intention, l'ego apparaît dans l'espace  laissé entre la vision et l'action.

Observer CE QUI EST, met à distance l'idée d'être acteur. Entre vision et action il n'y a pas d'espace où le moi peut se glisser.

22:25 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'être et l'avoir

l'Etre et l'avoir

 

Il ne s'agit pas de se battre ou de l'affronter l'égo, souvent désigné comme l'ennemi public numéro un,  mais plutot de s'en dépouiller.

On s'identifie à ce qu'on a. Ce qu'on a, c'est ce qui remplit l'ego (qui a horreur du vide) : ma sagesse, mon intelligence, mes qualités, mes peurs, mes croyances, mes habitudes, mes désirs etc.

 

 Le monde de l'Avoir est vaste, le monde de l'Etre n'a pas d'épaisseur.

 

"C’est exactement à l’instant où le chercheur vient d’abandonner, comme dans toutes les légendes, qu’il découvre qu’il est assis sur le trésor qu’il cherchait. 
Finalement, ce qu’on cherche n’existe que dans l’instant où on cesse de le chercher. Il n’y pas d’autre trésor que l’abandon du trésor. Il n’y a pas d’autre secret que cesser d’espérer trouver le secret.

 

"J’ai cherché le bonheur où il n’était pas, où il ne pouvait pas être, et là où je croyais qu’il n’était pas, qu’il ne pouvait pas être, je l’ai trouvé, sur cette crête, sans vêtement, sans charge, sans poids, sans passé, sans avenir, juste là, dans cette mesure, cette attention, cette façon de revenir au moment présent. " T. Vissac

La victime, le sauveur et l'aide

La victime, le sauveur et l'aide

 

La victime aime bien s'attacher les gens en stimulant leur instinct de sauveur. Elle sait susciter leur pitié, leur incompréhension, leur curiosité, uniquement pour recevoir une forme d'attention, sorte d'ersatz d'amour.

 

Sans doute avez-vous connu cette envie de pousser les autres à changer quand vous les voyiez souffrir ?  Vous espériez sans relâche qu'un jour  - si vous les aimiez assez - ils connaîtraient la ... "rédemption". Chaque jour, vous les portiez à bout de bras, et passiez alternativement de l'espoir à l'accablement.

Vous êtes engagé dans un processus de "pitié". Et la pitié, dans le fond, c'est dire : tu n'es pas capable, je vais le faire à ta place.

Vous ne faites pas confiance à l'autre ? Regardez si vous vous faites confiance à vous-même …

En aidant, c'est notre propre égo que nous satisfaisons. En fait, nous masquons notre propre besoin d'aide.

Dès qu'on entreprend une action d'aide, c'est qu'on s'est fait une idée sur le besoin de l'autre. Est-ce à nous d'en juger ? Est-ce à nous de décider ?

 

Finalement, la victime a bien résisté. Elle est toujours dans son processus d'échec. C'est son mode de vie. Vous vous étiez engagé dans un processus de sauveteur qui a échoué. Et vous vous sentez piégé dans cet engagement.

Vous l'avez porté tant que vous avez pu et vous voila épuisé. Comment allez vous faire maintenant sans vous sentir coupable? Hm ?

Si un jour vous avez été une victime, c'est que d'autres fois vous avez aussi été un sauveteur ...

Libérez vous de cette dualité.

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Sentez-vous libre d'exister face aux autres et laissez-les libre d'exister.

Montrer leur que vous ne souhaitez pas les voir changer mais que vous vous respectez et les respectez.
Ne leur proposez pas un idéal. Acceptez-les, acceptez-vous parfaitement imparfaits.

S'il y a culpabilité ou jugement, observez et travaillez cela.

 

L'amour agit de toute façon. Même cruellement s'il ne peut pas faire autrement. Il faut lui laisser la place d'agir. N'usurpons pas sa place.

 

Refuser "d'aider" renvoie l'autre face à lui-même et lui offre l'occasion de regarder ses schémas, ses processus de défense, et la souffrance qui se cache derrière. C'est le plus beau cadeau que vous puissiez faire à quelqu'un. Rien alors ne vous empêche de l'accompagner ; à condition, toujours, que ce soit lui qui fasse le travail.

 

Laissez l'autre recevoir de vous ce qu'il a envie de recevoir, sans volonté de donner.

Soyez conscient de ce flux du donner-recevoir comme une respiration de la vie. Car vous recevez aussi.

Là est la véritable aide.

22:21 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |