22/09/2006

La beauté

"L'amour n'est pas la sensation. L'amour n'est ni le plaisir, ni le désir, ni son assouvissement. L'amour n'est ni la jalousie ni la haine. L'amour sait être généreux, compatissant, plein de tact. Pourtant ces qualités ne sont pas l'amour. Il faut, pour y accéder, être extrêmement sensible à la beauté. Il ne s'agit pas de la beauté d'une femme, d'un homme... La beauté dont je parle existe là où l'ego n'est point. Cette beauté, cet amour, cette vérité, c'est la plus haute forme d'intelligence..."

Krishnamurti

 

 Il y a le bien, le vrai ... et puis il y a la beauté. Des deux premiers, on n'est jamais sûr ... Est-ce bien ? Est-ce vrai ? Alors que la beauté vous saisit comme une évidence. Elle vous éblouit, sous subjugue, vous bouleverse.

 

Dostoïevski a dit : "c'est la beauté qui sauvera le monde". Pourquoi "sauvera", pourquoi le futur ? C'est la beauté qui sauve le monde. Et peut-être que ce monde n'existerait même pas sans la beauté ...

 

La beauté s'offre à nous comme un fait singulier, pur, insaisissable, non reproductible.

 

La matière est belle comme un cadeau, comme quelque chose en plus, qui n'est pas obligé d'être là. Par son énigmatique splendeur la beauté nous révèle le sacré. L'univers ne nous apparaît plus comme une donnée mais comme un don invitant à la reconnaissance et à la célébration. La beauté c'est la vie même.

 

"La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu'elle fleurit, sans souci d'elle-même ni désir d'être vue".

 

"La beauté rayonne aux yeux de celui qui accepte de la voir.

 

« La beauté n'est rien d'autre que la perception immédiate du réel.

Le réel est ce qui ne connaît ni le temps, ni l'espace, mais englobe les temps et les espaces au-delà des frontières de l'infini.

Cela ne sont pas de grands mots. Mais de petits mots. Ecoutez...

Voir le réel, c'est venir au monde comme on ouvre les yeux.

Sans rien demander.

Juste ouvrir, et regarder." Frédéric Lacombe.

 

Chaque expérience de beauté nous restitue chaque fois la fraîcheur du matin du monde. La beauté préside à l'avènement de l'univers, à l'aventure de la vie. La beauté résulte de la rencontre de l'intériorité avec la beauté du cosmos. Cette rencontre supprime la séparation entre l'intérieur et l'extérieur.

 

La beauté appelle la beauté. La beauté transfigure. La beauté est aussi bonté, car elle se donne. La beauté est amour. De cette qualité d'amour qui n'est pas sentimental.

 

Cependant la beauté ne peut être évoquée sans une conscience aigue de la barbarie du monde. Ces deux phénomènes sont les deux extrémités de l'univers vivant. Sans la beauté, la vie ne vaut pas la peine d'être vécue. Une certaine forme de mal vient sans doute d'un usage terriblement perverti de la beauté.

 

Dès que nous cherchons à l'instrumentaliser, à l'utiliser en vue de tromper, d'amadouer, ou de dominer, la beauté s'altère. Son usage pernicieux la dénature. Parce que nous dénaturons la beauté nous avons aussi perdu la bonté que nous considérons comme un signe de faiblesse, de naïveté. Nous ne voyons plus que l'avènement de la vie n'est qu'un immense don. Un don inépuisable qu'aucun mal ne peut atteindre.

 

Une des oeuvres les plus belles et les plus bouleversantes que je connaisse est la Pieta, sculptée par Michel Ange, qu'on peut voir à Saint Pierre de Rome. Je ne sais ce qui est plus bouleversant dans cette scène, de l'amour d'une mère, et de son offrande, ou de la mort d'un fils qui a voulu prouver en donnant sa vie qu'aucun mal ne peut souiller, altérer l'Amour ; que l'Amour est au-delà de la mort. Geste étrange, énigmatique, incompréhensible pour beaucoup d'entre nous, perdus que nous sommes loin de nos racines, effrayés par la mort, cernés de factice, avides d'avoir et de pouvoir, fascinés par le mal.

 

La beauté nous appelle. Elle ne demande qu'à être vue. Sinon, à quoi servirait-elle ? Nous sommes perdus si nous ne savons plus voir la simple beauté dans son innocence originelle. Mais si nous la voyons, de créature, nous devenons créateur tant il est vrai que "ce qui regarde" et "ce qui est regardé" se donnent mutuellement vie dans cet échange.

 

Voir la beauté nous transforme et transforme le monde.

 

Rien ne ressemble davantage à la source céleste dont nous sommes issus que les beautés qui s'offrent ici-bas aux regards des gens perspicaces. Michel-Ange

 

MC

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09/09/2006

Tout va bien

C'est tellement simple ! Que dire de plus ?
Tout va bien !
 
"Tout Va Bien" est le slogan de l'univers.
- "Tout" désigne la totalité, c'est-à-dire tout ce qui est, sans que rien ne puisse être retiré ou rejeté.
- "Va" désigne le fait que le flot de la Vie suit un cours selon les desseins de Sa propre Intelligence et que l'ego n'est pas le grand organisateur des choses de la vie.
- "Bien" désigne le fait que tout est juste dans ce flot.
Ainsi, "Tout va bien" indique que la totalité de la Vie suit son cours intelligent et juste.
"Tout Va Bien" est le mantra de « l'Abandonné ». Tout va bien indique que cette Réalité Unique est vue à chaque instant. Thierry Vissac.
 
Si la plupart des gens voient que la confusion  règne dans le monde, les éveillés ont un autre point de vue : ils disent que cette vision "négative" est due au fait que la plupart des gens  ne souhaitent pas être "guéris", "éveillés", parce que sortir de la confusion est trop douloureux ... Du moins, c'est ce que les gens croient, c'est ce que l'égo croit ...
 
De cette vision négative du monde va naître toute une stratégie de résistance pour "lutter contre". Mais cette résistance est justement ce qui maintient la négativité. Elle empêche les situations favorables de de se manifester. Elle renforce l'ego - c'est pourquoi celui-ci l'aime tant. Une fois que nous nous sommes identifiés à une forme quelconque de négativité nous ne pouvons plus nous en départir, et à un niveau inconscient profond, nous ne désirons aucun changement positif puisque cela menacerait notre identité de personne déprimée, en colère ou victime de l'injustice. Ce monde est dément parce que nous résistons.
 
Hé ! Ca ne veut pas dire qu'il ne faut plus rien faire. La résignation n'a rien à voir avec le lâcher-prise.
Lorsque nous sommes dans une situation désagréable, il nous suffit simplement de le reconnaître et de passer à l'action. Pour cela il nous faut revenir au moment présent et agir en nous abstenant de tout jugement, ce qui évite toute opposition ou négativité émotionnelle. Nos actions sont justes, quand elles ne sont pas ré-actions, quand elles ne sont pas induites par la colère, la frustration ou le désespoir.
Le fait de ne pas lâcher prise endurcit la forme de l'égo et crée un fort sens de dissociation. Lorsque le monde est perçu comme une menace, cela a tendance à entraîner le besoin de contrôler, de dominer, de détruire.
 
Quand nous sommes dans le présent et le lâcher prise nous voyons clairement le réel et notre action y est donc adaptée.
 
L'observation de la nature nous donne une magnifique leçon de lâcher prise. Le miracle de la vie, le cycle des saisons, la beauté d'une fleur, la course des nuages, le chant du ruisseau ... tout cela se déroule dans la simplicité, l'intelligence, sans affolement, sans dépit et sans tourments.
MC