22/12/2006

Que veut dire "oui" ?

Que veut dire vraiment « oui » ?

 

De même qu’un enfant a besoin de dire « non », un adulte, un jour, a besoin de dire « oui ».

 

Si l’enfant ne peut pas dire « non » à ses parents, aux autorités, à ses éducateurs,  si l’enfant n’a pas la possibilité de désobéir, il ne pourra atteindre aucune individualité. Plus tard il sera comme une girouette qui tourne à tous les vents, incapable d’avoir son propre avis. Il se référera à « ce qui se dit », « ce qui se fait », il aura besoin de se reporter à l’avis d’une autorité. Il n’aura ni confiance ni respect envers lui-même. Il répétera des phrases toutes faites comme un perroquet. Il n’y aura que de la confusion et de la superficialité dans sa vie.

 

Si vous dites « oui » dès le début de votre croissance, cela n’a aucune signification. Vous restez au stade de l’innocence et de la pensée magique. Il vous manque d’avoir goûté au « fruit de la connaissance », d’avoir désobéi. Vous restez dans l’ignorance.

Mais si vous êtes capable de dire « non », alors votre « oui » signifie quelque chose ; car il prend sa force dans la possibilité que vous avez de dire « non ».

 

Dans l’histoire d’Adam et Eve, Dieu dit à Adam : « tu ne mangeras pas du fruit de cet arbre, l’arbre de la connaissance. Si tu manges de ce fruit, tu seras expulsé du paradis ! »

Et il ajouta  : « Si vous mangez le fruit de cet arbre, vous deviendrez mortels. Mais, aussi, vous obtiendrez la Connaissance ; vous serez comme des dieux ».

 

C’était une grande tentation ! Adam trouvait là une grande occasion de désobéir. D’ailleurs Dieu ne lui laisse guère la possibilité d’être obéissant.

Peut-être y avait-il des millions d’arbres au paradis, mais un seul arbre de la connaissance. Si on avait laissé Adam le découvrir seul, peut-être ne l’aurait-il jamais découvert ! Dieu n’a rien laissé au hasard et il a bel et bien pointé du doigt  l’arbre qui allait occasionner la tentation. Vous pensez que c’est le serpent qui l’a fait ?

Si le serpent l’a fait, il devait être au service de Dieu ! …

 

Il est nécessaire que l’égo se forme chez l’enfant, sinon il sera toujours une copie de ses parents ; il ne trouvera pas sa propre individualité.

Mais le « non » crée une individualité superficielle.

Parce que le « non » est négatif il ne crée pas une réelle individualité.

Cette individualité superficielle est appelée « personnalité » ou « ego » et c’est mieux que rien : ça vous donne la sensation d’être, cela vous définit.

Mais ne vous contentez pas de cela. C’est un passage, une étape. Après l’individualité superficielle, vous devez atteindre le cœur de l’individualité. Cela est possible si vous devenez capable de dire « oui » après avoir été capable de dire « non ».

 

« Non » est bon, mais personne ne peut vivre sur le « non », personne ne peut bâtir sa maison sur le « non ». Le « non » est suicidaire ; utilisez-le, mais allez au-delà ! Soyez attentif à ne pas vous emprisonner dans le « non ». Pour atteindre le « oui » utilisez le « non » comme une étape.

Il vous faut abandonnez le « non » quand vous n’avez plus rien à faire avec. Une pirogue qui vous a servi a traverser la rivière, sera un lourd fardeau si vous continuez à la trimballez sur votre tête quand vous êtes à pieds secs. Même si vous lui êtes très reconnaissant, même si elle vous a sauvé la vie, vous devez la laisser près du rivage pour pouvoir continuer à voyager.

 

Mais faisons encore un pas de plus !

En disant « non », vous avez désobéi et vous avez mangé le fruit de la connaissance ; grâce à cela, vous êtes devenu « savant ».

Et voilà qu’un jour, vous renoncez à cette connaissance  ...

 

C’est alors qu’advient la sagesse.

La sagesse n’est pas l’ignorance, la sagesse est le renoncement à la connaissance.

Parce que la connaissance qui est un acquis du passé peut aussi être un poids.

 

 La connaissance est aussi une étape.

La sagesse est une intelligence en mouvement, une perception lucide du réel, une capacité à être dans le courant, dans le flot de la vie.

 

Il y a trois sortes de libertés :

1/ « se libérer de … » qui est une forme négative de la liberté : se libérer de son père, de sa mère, de la religion, de la société, d’un tyran … Se libérer ainsi ne peut être Le but. Si votre but est de dire « non » à un certain nombre de choses, et que vous avez achevé de vous libérer de  ces choses, de qui, de quoi allez vous vous libérer maintenant ?

 

2/ « se libérer pour … » qui est une forme positive de la liberté. Par exemple vous voulez vous libérez d’un travail qui vous déplaît pour faire autre chose qui vous intéresse vraiment. Cette forme de liberté est créative, artistique, progressiste.

 

Et la troisième forme de liberté qui est la plus haute parce qu’elle transcende le oui et le non.

D’abord apprendre à dire non,

ensuite apprendre à dire oui

et enfin, oublier les deux

et juste « ETRE ».

 

La troisième liberté n’est pas une « liberté pour » ou une « liberté contre ».

C’est juste : La Liberté. Cette forme de liberté est spirituelle.

Quand le « oui » a écarté votre « non » c’est la joie ultime de la liberté et de la réalisation.

10:09 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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